XXIV, — LES MÉTHODES, LES LIVRES, LES PROFESSEURS
discours original do Claude convient à merveille au personnage étrange et un peu pédantesque que nous a décrit Suétone. Refait et corrigé par Tacite, il n'est plus guère qu'un de ces discours du Trône qui, dans les monarchies constitutionnelles, représentent moins le style du roi que la prose officielle de ses ministres. Qu'on ne s'y trompe pas : cette prédilection pour les beautés du langage oratoire n'a pas été sans conséquence dans les ouvrages de nos historiens modernes. On reconnaît les disciples du Conciones classique dans les de Thou, les Mézeray, les Gaillard qui, jusqu'au début môme de notre siècle, se sont cru le droit de prêter à tant de héros historiques des harangues de leur façon, sans avoir môme l'excuse d'une certaine vraisemblance.
Tout cela vaudrait la peine d'être considéré dans les études de nos jeunes rhétoriciens et ferait tomber une partie des objections que sans cesse on répète contre le régime de nos rhétoriques. Je n'insiste pas, m'étant plus d'une fois déjà expliqué sur ce sujet (1). Je renonce même à montrer ici comment un bon maître peut se résignera expliquer devant ses élèves tel auteur dont ils n'ont entre les mains qu'une édition incorrecte, s'il sait y relever et y faire corriger, d'après un meilleur texte, les leçons vicieuses. 11 faut conclure, et je conclus en peu de mots: améliorons les livres et les méthodes, à la bonne heure ; mais songeons avant tout, professeurs de tous les degrés, à compléter notre savoir et à perfectionner la méthode vivante par excellence, qui est et qui sera toujours notre esprit. ^S^^. comptons pas trop sur la vertu des règlements et sur les
(1) Examen critique des historiens d'Auguste, Paris, 18 ii. — Préface mise en tête du livre de M. Demartcau, intitulé l'Eloquence républicaine de Rome. Mons, 18*0; Paris, librairie académique de Didier. — Préface des Mémoires de littérature ancienne. Paris, 1862.
3lf) LA. TRADITION F.T LES RÉFORME?.
secours d'cMi liaiil. A nous aussi s'adresse leAieil adage au quel je ne vois en ce monienl ([uuii uiol à eliauj^ci': Aidons nous, le ministère nous aidera.
LE PiOMANISME