‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 202 sur 205 · XXV. — LATINITÉ MODERNE EN FRANCE ET EN ITALIE · texte numérisé non relu

XXV. — LATINITÉ MODERNE EN FRANCE ET EN ITALIE

(le fer (jue M. Vallauri appelle vias fprreis axibus constratas (n" 423) ; et il me permettra de douter que le mol axis désigne bien le rail d'une voie ferrée. En tout cas, voilà ce qu'on peut appeler justement Fabus du latinisme, le lourde force dont il faut se garder. C'est labiis justement rcprocbé à la poésie latine des Jésuites; c'est le tour de force trop souvent imposé aux élèves de nos classes dans certaines matières de vers latins. Le vers latin paie aujourd'hui bien cruellement ses torts, et il serait inhumain d'y insister. Nous aimons mieux .souhaiter qu'il n'en meure pas dans nos classes et qu'on lui garde sa juste place parmi U'S exercices utiles à la culture de l'e.sprit.

J'espérais aussi m'autoriser de mes amis transalpins pour défendre la cause du latin épistolaire. La seconde publication dont on vient de lire le titre a, je l'avoue, un peu trompé mon attente. Le plus grand nombre des lettres ([u'elle renferme sont écrites en italien ou en français. Cela I trouverait-il que dans la patrie de notre habile épigraphiste on abandonne de plus en plus l'usage du latin pour le commerce épistolaire et que, même en s'adressant à un maître qui professe encore publiquement à Turin dans la langue de Cicéron, on n'ose pas lui parler ce noble langage ? J'ai quelque raison de le craindre, car je me souviens d'avoir deux ou trois fois écrit en latin à mon cheicollègue Yallauri; or, me faisant l'honneur de me donner place dans la galerie des illitstri scrittori dont il imprime tant de pages, il n'y a inséré que des pages de ma prose française.

Quelques fautes d'impression dans tous ces textes français ôtent peu d'intérêt à un volume plein de précieux souvenirs et où figurent tant de |)ages signées par des noms vraiment illustres, tels que Peyron, Cantù, (îioberti, de Kossi, L. Quicherat, L. Renier, etc. Il y a là une foule de

roiisciiiiiL'iHt'nls ciiricuv ;i l'cciicillir |i(mii' I histoire liltérairt'do noire temps. .Mais [loiirquoi l'aut-il (|iii' .M. N'allaiii'i ne nons fasse apprécier son maître Charles iJoiichiM'on (jiie par ([uelqiies billets en italien? Boucheron a été le jnince des latinistes contemporains; il a excellé surtout à e\j)rimer avec une clarté, avec une éléfï:ance qui semble sans etVorl, les vérités de la science comme les jugements du '^où[ le |dus exquis. Naguère encore, M. Yallauri lui rendait un hommage public de reconnaissance dans la langue ([ue tous deux ils ont si bien possédée; celait à louverture des cours de 1" Université de Turin, « le cincjuieme jour (( avant les calendes de décembre 1879. » Je sais des })liilologues que touche |)eu cette candeur d'admiration pour les virtuoses en latinité moderne ; ils prêtèrent à la souple et ingénieuse pratique d'une langue morte la subtile critique triin éditeur de Cicéron ou (rilor;u'e s'appruiiiaiil a corriger la leçon du texte à Taide des manuscrits ou par de pénétrantes conjectures; ils préfèrent la logiijue sévère du gi-animaiiicn tel (pu^ ^ladvig. (pii ranu'ue à de rigoureuses formules la syntaxe des classiques romains. Soyons j)lus inqtartiaux et sachons rendre à chacun la part de justice qui lui est due. On nous rend service en nous procurant de meilleurs textes des chefs-d'œuvre de l'anticpiité, en les éclairant par un intelligent commentaire: mais on ne sert pas moins la cause des belles-lettres en nous faisant aimer le latin |iar il liabilcs imitai iniis cl en noii^ mont rani cninbien il peut être encori' un inslrniui'iil iiliic aii\ plus x' ri eux travaux de l'esprit humain.

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