V. — HAPPOUT SUU L'ECOLK FRANÇAISt: D'aTHENES
Iviister de Co insida (Halle, 1833), qui semblait èti<' le point de départ de toutes ses recherches. Dans le cours de sa description, il lui arrive de signaler, sur le promontoire qui porte le nom expressif de Ta Palatia, « un grand nomce hre d'inscriptions dont la i)lupart, malheureusement, (' ont disparu sous le marteau des tailleurs de pierre » ; il ajoute : « Parmi celles qui subsistent encore dans Téglise, « dans les -/(opâ-^-.a, dans le maisonnette du Caloieros qui « garde les clefs de la Panaghia, les unes sont simplement « des épitaphes, les autres des inscriptions publiques ho- ' norifiques ; d'autres enfin se rapportent au culte de '( Bacchus. C'était probablement à cette divinité qu'était « consacré le temple (dont l'église de Panaghia Palatiana « occupe l'emplacement). »
Voilà de quoi piquer notre curiosité, non pas de quoi la satisfaire. Nous voudrions savoir si tous ces débris épigra phiques ont déjà été recueillis par de précédents voyageurs, si du moins ils ont tous leur place dans le riche portefeuille que nous avons sous les yeux. Ces pages du mémoire de M. Rayet ne nous offrent donc qu'une ébauche ; elles devront être remaniées et développées par un travail qui pourra demander d'assez longs efforts. Toutefois le mémoire, dans son ensemble, témoigne d'un heureux esprit d'observation, excellente qualité chez un voyageur. Les deux principales classes d'habitants, qui vivent à Cos en assez bon accord, malgré la dirterence des races, des mœurs et du langage, sont décrites par lui avec une vivacité souvent saisissante. Quelques traits du caractère des Hellènes campagnards, tel qu'il nous les représente, ont pour nous un véritable intérêt. Nous citerons, par exemple, chez les laboureurs, l'ignorance de toute mesure agraire ; là, comme souvent chez nos campagnards de la P'rance (ce rapprochement est de M. Rayet), on mesure les chauips. non par
leurs (liiiicii^ioii^ liiK'aiics. mais par la (iiiantiti' de urain nécessaire [Mnir les ensemencer; témoignage précieux à relever, après taiil d'autres, de la répugnance de l'esprit liuuKiin aux nolions purement abstraites. Le paysan de Ces, observé jiar .M. I»a\e(. l'ajtpelle le Grec du temps d'Homère ou d'Hérodote, (jui desiguait liieure du coucher du so1(mI jtar le détellnncnt des bœufs, ''^z'j\-j-zz, et riieure de midi par le marcJié plein , r'i.r^^'jyjzx x';ozi. (1).
A cùté de ces fines observations sur l'état moral des habitants de Gos, on s'étonne que M. Uayet n'ait pas songé à nous faire spécialement connaître le dialecte (|u'ils parlent et. autant (jiie le permettent les inscriptions de l'île, celui qu'ils j)arlaienl dans raiiti([uilé. Ces études sur les dialectes sont au nombre des (jueslious les plus constajument maintenues sur notre jirogramme académique, mais les plus négligées. Hej)uis la thèse de M. Beulé sur les origines anciennes du romaï(jue, le regretté G, Deville et M. Garl W escher y ont presque seuls répondu, le premier par sa thèse, soutenue en 1866, sur le dialecte tzaconien, le second paruncuricuxmémoire sur le dialecte de Carpathos(2). Al a is(|ue d'au très parties d'un si intéressant su jet mériteraient d'èlre appi'ol'ondies, jtar la comparaison des formes modernes avec les formes ancieniuïs encore éparses sui" les marl)res 1 Dans luie de nos d(M'nièi'es séances, notre confrère M. Wadiliugton signalait, sur mu: des inscriptions d'Argos, commentées par M. Foucart [)armi les suj)pléments au recueil de i*h. Le Bas, des singularit(''s dialeeti([uestrès importantes, pour la grammaire comparali\e (\c> langiu^s indoeuropéennes (3) : cela doit eiu^oiiragei' u(»s jeunes liellciiistes
(1) Iloniéie, Utude, XVJ, 770; Aristophane, /es Oiseaux, v, lôOO ; Hérodote, IV, 181.
(2) Hevue arclifUjIni/ii/ue, do 18(13.
(3) Voyage arcltéuloijir/itr, Iiiscriptious, partie II, section m, .ArRulide, ri" 115".