IX. — DISTRIBUTION DES PRIX DU LYCÉE CIIÂRLEMAGNE
qu'ait produites la philosophie française depuis Descartes et Pascal. Jamais moraliste, devant les prévisions de la tombe, n'avait trouvé des accents plus persuasifs pour encourager la jeunesse aux luttes viriles qui laitcndent à la sortie des paisibles études du lycée.
Depuis que cette noble voix s'est éteinte (il y a de cela trente ans et plus), le temps a bien changé l'aspect de notre famille universitaire. A peine retrouvé-je ici un seul de ceux dont j'étais venu, jeune encore, partager les travaux. Charlemagne a vu renouveler presque deux fois le personnel de ses administrateurs, de ses professeurs, et jusqu'à la direction de ces puissantes maisons, dont la rivalité active et pacifique donne à son externat un caractère si particulier. Sa clientèle, toujours nombreuse, mais plus isolée au milieu de cet immense Paris, se transforme et a besoin d'armes nouvelles pour soutenir contre les établissements rivaux une concurrence difficile.
Non seulement à Charlemagne, mais dans toute l'Université, que de méthodes et de livres ont succédé à dautres livres, à d'autres méthodes I A voir tant de révolutions scolaires, tant d'espérances proclamées puis déçues, vous pourriez, jeunes élèves, vos familles surtout pourraient croire que l'autorité qui vous dirige flotte elle-même incertaine et cherche encore, en Ire les besoins du présent et les traditions du passé, les vrais principes de l'éducation nationale.
Il n'en est rien, et de même que chez vos professeurs et vos chefs le savoir, le talent et le zèle ont seulement changé de nom, de môme sous l'apparente mobilité de vos programmes se cache un fond de doctrines qui n'ont pas changé, qui ne changeront pas.
Avouons-le tout d'abord, les pi'ogrammes de l'instruction libérale ne pouvaient rester immiiabh's, lors([ue la so-
88 I.\ TUMUTION F:T I.KS IIKRIIIMKS.
cii'lc li;iMc.ii<r siiliissail cllf-iiiriiif ilc |ir(»riiii(l('S traiisloitii.ilmiis.
nm'l(|iu's-iiiis (le nous se soiivionnont sans douto (l'avoir. (I.iiis crllt' mriiit> ( lU'cirilc. l'iitciidu M. N'illcmaiii, alnr> iiiiiiivlrr (le I iiiv| iiici idii |tiilili(|ii(', (lire à la jcimc^NC. (|iii ri-fiiiissail --l'ii- 1 iiiipi'cssioii de <t)\\ clcxiiiciilc parole : .■ \"(iii< itcv (ila(('<. ciiraiils, (Mitre deux [missaiils inohihN (rcmnIaliDii : le Inil i|ni s'cK'Nc et la l'oiilt' (|ni monto! » Ij- ImiI. en cIVcl. de xolic ('diicatioii s'idèvc à nicsni'c (|Mt' s"(l(Mi(l(Mil les horizons de ICspi-if liiiniain. Nons vondrions (Ml NMJti \oiis j(^ cacluM', I lioniinc du di\-non\ièmc siècle a de \\\\i< Ictiii'ds devoirs à nMiijilir (|uc les pfc'néi'ations (raiilrelois. Il faut ([ue du Kcec il sorte plus savant et plus t'orl. pour snt'iire à la tàelie (pie lui prépare une societ('' coiniiie imiiidee par la >^ei(MU'e de liiinKM'es imprévues, travaillée anssi par des niau\, atteiiile nii iiKMiaeee par des (''j»r(MiV(^s inconnues à nos |»(M"e<.
Le; moyen pour nous de ne pas (dar^ir un |umi le cadre de vos études classiques?
Dans le inonde niod(M'ne, il y a tout un continent, (]\\c dis-j(^? il y (Ml a deux, (pii ua;jU(M'(> n'appart(Miai(Mit [)as à l'histoire, et ipii ne cess(Mit d \ reelanitM- nue pins larii'e place. I'>t-ce notre faute si nous dcNoiis vous parl(M' lont:ue- UKMil aujoni-dlini de lAu^lralie et de rAiiitM-i([ue, coninn' de I Asie, de ll'.iirdpe el de rArri(pi(^ ?
l)aii< le ninnde ancien, il \ a «le ura nds |MMipl(>s d(uit jadis vou< ne ^a\ir/ i'i(Mi que |»ar ipielpies panes d'nn annaliste t:ree on nmiain. l't dont lesannali'^ repa iMi^^<Mil . uiràce an ^(Miie d lialidcv m \ en leii r^. <.\w des nninii niiMi (s liiiiLiliMiip'- (Mil'iini^ (in iiie\plii|ne^. (', l'^l nuire ininKU'Iel (lliani|)olli(iii. c e^l -^ini disciple l'jnniaiiind de Koiiiic, c est .\ui:u--ie .Maiii'ltc. (pii. i>|| rr|i(in\aiit le secr(d Ar^ ('(M'itures de I l'.'jv pie. nu en iiieti iiil ail jun r de< uii II i(M'^ de luonniiKMii^