IX. — DISTRIBUTION DES PRIX DU LYCÉE CHARLEMAGNE
précieux, nous ont, du même coup, imposé de vous faire plus largement connaître une civilisation soixante fois séculaire. Entre TËgypte et l'Asie, l'isthme de Suez ne vous était jadis signalé que par l'itinéraire des Hébreux. Quelques pages dans un manuel d'histoire, quelques lignes dans un manuel de géograpliic, suffisaient là-dessus à la jeunesse de mon temps. Celle d'aujourd'hui peut-elle ignorei' <jue là aussi la France a planté naguère son pacifique drapeau, que sous l'inspiration et la direction d'un Lesseps, d'habiles ingénieurs, reprenant et agrandissant l'œuvre des Pharaons, viennent d'ouvrir entre deux mers une voie nouvelle au commerce des peuples civilisés?
La vapeur, qui est une arme si puissante aux mains des ingénieurs, la vapeur, qui a déjà tant abrégé les distances entre les nations, la voici dépassée, sinon dans sa force vraiment immensurable, au moins dans sa rapidité. Au seizième siècle, il fallait quinze jours à une reine de Navarre pour aller de Compiègne aux Pyrénées (vous en trouverez le naïf témoignage dans Péréfixe, le biographe d'Henri lY) ; le plus humble voyageur parcourt maintenant cet espace en vingt-quatre heures. Et pourtant, naguère encore, il fallait un mois et plus pour que l'Europe connût ce qui se passait aux bords du Gange. Une dépêche, aujourd'hui, vient en dix heures de Bombay à Londres, ou à F'aris, et (pourrions-nous l'oublier?) c'est au génie d'un Français, d'André-Marie Ampèi-e, que nous devons l'idée savante dont l'industrie a fait cet admirable instrnment qu'on appelle le télégraphe électrique. Comprendi-ait-on désormais ([u'un futur citoyen sortît de nos écoles sans connaître au moins la raison élémentaire de ces merveilles?
Nous allons plus loin, jeunes élèves. Si l'astronomie, par la puissance de ses instruments et de ses calculs, porte notre vue et notre esprit jusqu'à des profondeurs inex|dorées
90 I,\ Tll.\[)lTION ET LES RÉFORMES.
(l.iii< I i'<|>;u't'. si iiii Le \ cnirr xiciil nous dicc : « Les (i( Millier (Il I H lis lonfrttMiips signalés d.iiK la iiiaiclif des plus loiiilaiiics |daii('lt's de noire système, jeu ai delermiiié la caille: e rsl une i^i'ande piaiiele, ([lie vos léleseo|ies ne vous ont pa-- jn<(|u iei jai'^se \ow: j en sai^ le [Ktids el le \(diMne, el Ndici II ((Miilic de son orliile: le! jour, a tidie heure, dan^ telle ii'i:inn ilu eiel, eiiercliez, messieurs les observateurs. NOUS la trouverez; » — cl si cette affirmation d'une science pénétrante et sûre se trouve justifiée, si la planète Nrptune, désormais visii)le et pour ainsi dire oltéissanle à cet liéioïquc appel de la science, vient prendre place dans le concert des corps célestes exprupie depuis (rois siècles, avec un projrres continu de pr(''cisioii el diî ri^MU'ur, par les Kepler, les Newton t^t les I.aplaee. \ous consentiriez, jeunes Français, à ce (pTon vous prixàl d"ap|irécier d'aussi lielles découvertes, et cela pour épar<irner (pu'I([ues heures dCIVort à vos intellijrcnces et à vos mémoires? Je réponds tout de suite |)ourvous : Non! vous ne le voudriez pas!
I..a science grandit, vous tâcherez de \oiin jiausser à sa tri-aiideiii'. Sursinti corda, vous dit le chant sacré, et, avec une aulorile plus humaine, mais bien irrave encore, un de \os lialiilih'ls ((uiseiller'S, Cicéron :<' l*iiis(|u un instinct puis- ■>ant. linslinet même de notre natui-e. nous pousse à t'nfiehir- le patrimoine du jicnre Iniutain. suivons la voie ipii lut loiijoMiv celle des g'cns de e(eiir. et n ('Coûtons |ias lo elaiidM <| III ^onne la retraite pour ari'èler ceux (|ui sont dt'-jà la neo (lan< la carrière. >>
.Mais jai lialc. eliei's eli'N es. de rassurer \os jeunes courages, siirloiit de ra>«-urer la tend rc'-^e justement impiii'te de vos l'amilles. de\ant ces perspecti\es d un enseignement rpii. sans cesse clariii, semblerait \ous imi)0ser un travail ■>an^ pidportioii a\ee les forces de \otre âpre.
Ces Inillanlcv iioii\ eantc<. don! iioiin Noudrions vous ren-