X. — DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE LOUIS-LE-GHAND
heures, en vous livrant sans mesure les trésors amassés dans sa riche et infatigahle mémoire. Mais il vous aime, ilconnaît Icsvrais hesoins de voire âge, et il sait accommoder son savoir aux convenances de l'enseignement classique.
Et cette langue, la terreur de vos mères, le grec <( puisqu'il le faut appeler par son nom », le grec et sa littérature qui comptent plus de vingt siècles de fécondité, croyez-en un vieil helléniste (un de vos futurs examinateurs peut-être), ce qu'on vous demande ici d'en apprendre, ce n'est qu'une partie de sa grammaire ; ce qu'on vous en fait apprécier n'est qu'une parcelle des chefs-d'œuvre du génie hellénique. De ce peu que vous aurez appris, vous retiendrez peu de chose, sans doute ; mais le travail, pour cela, n'aura pas été stérile. 11 y a des faits, il y a des idées, qu'il faut avoir traversés une fois en sa vie, pour être un homme complet, dùt-on même n'y pas revenir. 11 en reste dans l'esprit des impressions générales de rectitude et de justesse, qui ne paraissent point à la surface peut-être, mais qui forment le fond d'une raison solide, applicahle plus tard dans toutes les carrières entre lesquelles vous aurez à vous partager; il en reste une sorte de curiosité généreuse pour tout ce qui honore et fortifie l'intelligence humaine. Ici encore, permettez-moi le témoignage de mon expérience personnelle. J'ai fait dans ma jeunesse quelques études de mathématiques et de sciences naturelles; j'ai même souvenir (et ce souvenir ne gêne pas heaucoup ma modestie) d'avoir obtenu deux accessits en Mathématiques élémentaires. Or tout cela est bien loin de moi, aujourd'hui ; j'en pourrais difficilement user, jeunes élèves, auprès d'un géomètre de votre Troisième ou d'un naturaliste de votre Seconde. Et pourtant, ceLa m'est précieux encore. [-iCS leçons d'un Thénard, d'un Pouillct, que j'ai alors volontairement suivies en Sorbonne, celles du bon Des-
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98 l\ TUAIHTION liT LES lŒFOftMES.
[iiM'l/ (|iii. ,111 cdllcm', iHiiis cxiiosjiil les (IccoiivcrU's »lo 1 illiis||,> Aiii[H ri- Mir l't''l('clricil(' fii iikhin ciiicnl, m'ont l;ii>-t' iiiu'iix (|ti'iiii \;it:u(' sciitiiiiciil d adihiralioli pour cos iiolilcs invcMitciirs ; elles iiiOiil rendu eiuiiiix. sinon tiHiiiinrs ea|ialile. de sni\i'e. an inoins de luin. Ie< proLire^d une scienee (jiii n C^t pas senlenienl la tlieoiie îles forées de la natnre, mais (|ui devient rinsti'umonl des j)lns utiles êl des plus bienfaisantes conquêtes de Vindustric. Quand je parcours les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, quand un de mesconfrèresveutbien simplifier, pourTaccominoder à la portée de mon petit savoir, (juelqn'une des belles \eriles dont senrieliissenl clia(|Me joui raslronomle. la |di\si(|ne. même la géométiàe supei'ienre, ([uel plaisir |tonr moi de les comprendre, de croire au moins <pie j"ai conipris 1
Les arts d'agrément on! en moins de place encore dans mon éducation, et j'en ai. croyez-le, un xil' regret. -Me< cin([ ou six années, comme on dit, de dessin, (pii ne mont pas fait assez habile jiour crayonner convenablement le moindre cro([uis dune tèle. mOnl ponriant appris les pioporlions de la ligure humaine, les principales conditions di» sa beauté ; aiirès tant d'années, ei's imj)ressions ne s'elVaeenl jias : insidet anima species <ju;r(lai/i //idc/iritud/H/'s, a dit très bien C.iiM'ron (on peni eiler du laliii dans cette enceinte; les murs mêmes, le-- murs du \ieu\ Louis-lc-Grand le comprennent), et cette imaLre idéale assure le goût dan> le jugement des ai't-» (pie Ton ne prati(pie pas, que Ton ne |natiipn'ra jamais.
Si réduits (pi'ils soient et plus ([u'à demi (dl'acés, tous C(,'s soiiNenirs de nos études d(! collège gardent doue, dans le l-esle de la \ie. nue ii'elle efficacitc'. La iiK'inoil'e, bien eidtixee. est une laenlte plus intelligente et plus judicieuse qn il ne >eiiible. .Ne décourageons pas ses efiorts durant ces années de reiilanee et de la jeunesse, où elle montre