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XII. — HISTOIRE ET BON USAGE DE LA LANGUE FRANÇAISE

lermc de grammaire, des dialectes sortis d'une même souche. ^'os ancêtres alors n'étaient à vrai dire ni des barbares ni des gens tout à fait civilisés. Ils avaient une religion assez grossière, mais ils croyaient à l'immortalité de Tàmc, et cette croyance leur inspirait un courageux mépris de la mort. Leurs institutions militaires et civiles étaient supérieures à celles des autres peuples de l'Europe, les Grecs et les Romains exceptés. Encore faut-il dire que les Gaulois avaient, un jour, envahi l'Italie et tenu en échec la fortune, alors naissante, des Romains; et quant aux Grecs, établis depuis longtemps à Marseille et sur toute cette côte de la Méditerranée, ils y avaient introduit les usages et les arts delà civilisation la plus avancée.

A partir du premier siècle avant l'ère chrétienne, les Romains ont, à leur tour, envahi, colonisé et organisé la Gaule. Peut-être n'y ont-ils jamais été fort nombreux ; mais ils avaient sur les indigènes de grands avantages qui, pendant quatre ou cinq siècles, assurèrent leur domination : c'étaient une discipline militaire plus savante, une religion moins mêlée de coutumes barbares, une législation plus équitable, une culture d'esprit beaucoup plus développée. A tous CCS titres, les Romains étaient supérieurs aux Gaulois, et voilà comment ils n'eurent pas trop de peine à faire prédominer la langue latine sur le sol de leur nouvelle con- (piête. Pendant plus de quatre siècles, le latin fut, dans la Gaule, la langue de la religion, de l'administration, des lettres ; il fut à peu près la seule qu'on enseignât dans toutes les écoles. Il se forma ce que l'on peut appeler une littérature gallo-romaine. Un témoignage, entre beaucoup d'autres, de cette prédominance du latin sur les dialectes indigènes, ce sont les monuments antiques de la Gaule, qui nous ont consei'vé six ou sept mille inscriptions latines, et à peine quarante ou cinquante courtes insci-iptions grec-

138 LA TltAUITION ET LES RÈFOHMES.

qiics, cl (|iiinz(' nu \iiiL:l (•(•l(i(|ii('S. Celte iirnjKuiioii ne jKMil être lin cll'ct du hasard.

l'ji ri'Lilc iiciK'i-ale, oti peut dire cjuiin jteiijde con(|ii('iaiil a daiitaiil plus de chances de dominer le penph; vaincu, (piil (-1 Ini-mème plus avancé en civiHsation. INmi iniiunlc (railleur^ <|ne les cnvaliisscurs soient jdiis on nioins noni- Iticiix (|ui' leurs nouveaux sujets. Les auiialrs de notre pays (dire II ( un iiieiiioralde eveiiijile de C(dtc loi hisl(uà(|U(' ; au IX' et au \' siècles, dt's pirates venus du nord de rJMirojte, sous le nom de Aoianands, ont lini, après jtiusieurs invasions successives, par s'emparer de la Ixdh» province à laquelle leur nom reste aujourd'hui attaché. Kn 1(IG6, ces xNormands, sous la conduite de leur duc Guillaume, sont allés conquérir TAngletcrrc ; eh l)icn, savez-vous (luelle langue parlaient alors les .Normands? Ce n'était plus celle de leur mère-patrie, de la j)resqu'île Scandinave ou des îles de la l'rise: c'était le latin dégi'MKM'i'' que, sous h; nom de langue romcme , on jiailait dejuiis jdiisieurs siè'cles daii< le nord de la Gaule, lui ellet, cette j)Opulalion de pirates Scandinaves, à la fois peu nomhreuse et fort grossière, avait hien ]>u s'imposer par la violence aux popidations riveraines de la basse Seine et de l'Orne; mais, une lois établie .solidement dans sa nouvelle conquête, elle <y était vue, à son tour, vaincue et dominée par la ci\ ilisatimi des anciens haliilant^. I^lle avait peu à peu desappiàs sa luopic langue, pour celle des .Neusti'ieu^ icounue on l(>s appidait alorsl, si liieii (pie le jour où (iuillaiiuu' le ('ompieranf . due de .NoriiMiulie. rédigea un coiN" de lois pour m"< iioiiihreiix sujets dAngleleri'e, le code lui rediLif en langue l'oiuane. (le recueil e\i<le encore aujoui'd hui, et c est un des plus anciens monumeiils de notre langue (1).

(r On los trouvera reproduites dans lo tome 1" do l'ouvraRe do fou VI. de

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