‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 127 sur 212 · XVII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOÇIQUE DE L'ORLÉANAIS. 2il · texte numérisé non relu

XVII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOÇIQUE DE L'ORLÉANAIS. 2il

grande voie romaine qui vous unissait au pays des Carnutes. Quelle joie c'est pour Tépigraphiste et pour Fantiquaire de déchiffrer de pareils textes, d'en faire ressortir le sens qui intéresse votre patriotisme !

Hier encore, j'étudiais au Musée d'Orléans tous les objets retrouvés à Neuvy-en-SuUias, il y a quelques années, généreusement acquis par la ville, judicieusement restitués, classés et commentés par le consciencieux-conservateur de vos collections, M. Mantellier. Comme on se plaît, devant ces débris d'un vieux culte gaulois, à refaire par la pensée la chapelle où vos ancêtres adoraient le dieu Rudiobiis, et la cachette où leur piété, sous la menace de quelque péril inconnu de nous, déposa ce trésor et, si je puis ainsi dire, le mit en réserve pour l'érudition du xix® siècle !

Le charme sérieux de ces observations s'augmente à mesure qu'on les étend à un plus grand nombre de monuments. Voyez comment s'éclaire l'histoire de votre province, dans le grand ouvrage où M. Jollois, l'ingénieur érudit, a rassemblé jadis tous les vestiges subsistants de l'occupation romaine dans l'Orléanais, depuis les ruines des édifices sacrés et profanes, jusqu'aux bornes milliaires qui marquaient les distances sur les voies romaines de la Gaule.

Les archives, à cet égard, ne sont pas moins instructives que les musées. Une seule charte, celle de l'évêque Agius, naguère publiée par votre président, sert à restituer les annales d'un de vos plus antiques sanctuaires chrétiens. Des centaines de monuments analogues, des registres de péage ont fourni récemment à M. Mantellier la matière d'un minutieux tableau de statistique et d'économie provinciale, que l'Académie des Sciences a couronné. Elles l'ont peu à peu conduit à cette autre série de recherches sur la navigation de la Loire et de ses affluents, qui fait tant d'honneur à la

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cite orléanaîse, et qui tient Si dignement sa place dam les Mémoires de Votre Société. C-est une entreprise de ce genre que poursuivait naguère un des plus zélés maîtres du lycée d'Orléans, le regrettable Leflocq, quand Teffort de sajeune et ferme intelligence s'est épuisé sous les atteintes d'un mal, hélas ! sans remède, à restaurer Icnsemblé dé la mythologie celtique d'après de nombreux mais incomplets témoignages, épars sur notre soret dans les livres des vieux auteurs. Je n'ose m'arrêter ici à l'examen de ces laborieuses compositions, mais je voudrais au moins, par un exemple encore, faire sentir à l'auditoire qui veut bien me continuer son attention encourageante tout ce qu'il y a: dé pDofit et de séduisant intérêt dans les moindres textes déposés) ii y a tant de siècles, sur le marbre et sur le bronze, etquiformèBt ce que nous appelons des colïectionis épigraphiquesc j /:

Un simple coup d'oeil jeté sur l'épigraphîe deinotrevîeiHe Gaule, nous montre tout de suite en quelle proporfien. 'd'influence et d'autorité se mêlèrent les éléments qui^ parle travail des siècles, ont constitué la nationalité : fmuçaîse. Savez-vous combien nous avons d'inscriptions latines écrites entre les i" et vi® siècles de l'ère chrétienne? environ sept mille. Combien d'inscriptions grecques ? environ soixante. Combien de gauloises ou celtiques? une. vingtaine seulement. Et cependant les Gaulois et les Celtes formaient le fond même de la population du pays^qui s'appelle aujourd'hui la France. Et cependant tes Greçs'arvaTcnt couvert de leurs colonies toute la côte raéditerraiLéeBine, depuis les Alpes jusqu'aux Pyrénées. Mais si les firméekde César et des capitaines qui, après lui, compiétëreat .'ou affermirent la conquête de la Gaule, étaient' peu nombreuses auprès de la population indigène, ôUes^ apportaient avec elles les principes d'une civilisation supérieure par la science, par les beaux-arts et par l'industrie. Voilà pour-

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