‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 141 sur 212 · XVIII. — ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAINES · texte numérisé non relu

XVIII. — ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAINES

l'attrait qu'aurait pu leur donner un écrivain plus habile; Enfin il faut reconnaître que nos livres d'histoire ancienne, particulièrement ceux qui ont paru sous l'intelligente direction de M. Duruy, ont ouvert leurs pages à de très utiles dessins ou descriptions d'antiquité figurée. Mais tout cela laissait encore à désirer un recueil où les curieux de tout âge et de toute profession pussent trouver à s'instruire sûrement du détail des mœurs, des institutions, des arts et de l'industrie antiques. C'est ce travail que s'était proposé Charles Daremberg avec l'aide des antiquaires les plus compétents, et aussi avec le concours, si nécessaire pour de telles entreprises, d'une puissante maison de librairie jalouse à la fois et capable de s'honorer par des publications où la science ne peut se déployer dignement sans des dépenses considérables. Un simple Avertissement mis en tête du premier fascicule marque avec autant de précision qu'il était possible, la méthode suivie par le nouveau directeur du Dictionnaire. Athènes et Rome sont deux foyers de civilisation auxquels se rattache celle de plusieurs peuples voisins qui les ont précédés sur la scène du monde, surtout de l'Assyrie, de TÉgypte en Orient, de l'Étrurie en Occident. Le christianisme, en les ramenant plus tard à sa forte unité, les a en même temps profondément transformés. Mais M. Saglio ne pouvait songer à comprendre dans son œuvre les antiquités assyriennes, égyptiennes, étrusques, ni les antiquités chrétiennes. Ces dernières ont été récemment traitées dans un Dictionnaire spécial par M. l'abbé Martigny, dont le travail est fort apprécié des bons juges et vient d'arriver à sa seconde édition (i). L'histoire des arts et des institutions en Etrurie nous est encore bien mal connue, et elle restera obscure tant que la langue

(I) In-8^ librairie Hachette.

de ce peuple sera une énigme pour les philologues, ce qu'elle est pour eux, malgré la découverte de milliers d'inscriptions étrusques, malheureusement trop courtes pour donner une solide prise aux efforts de la linguistique. Or, fes monuments sans les inscriptions parleront toujours un langage peu rassurant pour la critique même la plus ingénieuse; aussi les monuments étrusques ne figurent-ils dans le présent recueil que lorsqu'ils se rattachent d'une manière étroite et certaine aux arts, aux institutions et à la religion de Rome. Quant aux antiquités de l'Asie occidentale et de l'Egypte, elles forment vraiment deux mondes à part, dont chacun est le domaine d'une érudition spéciale, et la science en est peut-être trop peu avancée, malgré de récentes et immortelles découvertes, pour qu'il fût prudent de les associer à la Grèce et à Rome, dans un ouvrage destiné surtout à compléter, à éclairer l'étude des auteurs grecs et latins.

On a dû aussi écarter la mythologie proprement dite et l'histoire, sauf pour les mots et les faits par où elles se rattachent directement à la science des antiquités.

Sagement restreint dans ses limites naturelles, le cadre de MM. Daremberg et Saglio était bien vaste à remplir. Attaché aujourd'hui comme conservateur à l'un des services du Musée du Louvre, où se tiennent (cela n'est pas inutile à remarquer) les séances de notre active Société des Antiquaires, tout près de l'Institut, de l'Académie des Inscriptions et de l'École des Beaux-Arts, M. Saglio se trouvait ainsi comn^e au centre de nos richesses archéologiques et de la science française en ces matières. Les monuments et les livrets étaient à sa portée, avec les maîtres les plus dignes parleur autorité, avec les disciples les plus capables par leur zèle de s'associer à une œuvre aussi laborieuse. La méthode qu'il y a suivie nous paraît vraiment excellente:

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