‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 140 sur 212 · ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAINES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAINES

Ce n'est pas une idée neuve, même parmi nous, que celle de comprendre en un seul tableau la vie publique et privée des peuples anciens. Nos études universitaires, il est vrai, se renferment trop souvent dans l'explication toute littéraire des chefs-d'œuvre de l'antiquité classique. Mais depuis longtemps on a songé à les élargir et à les compléter en y issociant l'étude des institutions d'Athènes et de Rome, travail qui ne se peut faire sans le secours de l'érudition proprement dite et de l'archéologie. En dehors des vastes recueils de Graevius, de Gronovius, de Montfaucon et des rédacteurs de V Encyclopédie méthodique^ bien des ouvrages plus abordables par leurs formes et leurs dimensions ont été mis au service de tous les esprits curieux, depuis les professeurs jusqu'à leurs plus humbles élèves. Nous avons pu, iès notre enfance, étudier les antiquités grecques dans le

(I) Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments ouvrage rédigé par une Société d'écrivains spéciaux, d'archéologues et de professeurs, sous la direction de MM. Ch. Daremberg et Edm. Saglio, avec 3,000 figures d'après l'antique. — Fascicules I-VI. Paris, librairie Hachette et C'«, 1873-1879, in-4<* (Journal des Débats du 20 sept. 1879).

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Manuel de Robinson ; tous nos écoliers ont aujourd'hui entre les mains le très commode Lexique de Rich, mis en français par M. Chéruel. Mais surtout, on ne doit pas oublier, pour l'honneur de la France, un livre dont le discrédit actuel nous semble bien regrettable : le Voyage du jeune Anacharsis. Comment dire, sans manquer de respect pour la mémoire de M. Villemain, qu'il a beaucoup contribué à ce discrédit? Son goût fin et délicat était choqué de la fausse élégance que l'esprit du dix-huitième siècle a quelquefois répandue sur ce tableau, si animé d'ailleurs et si instructif, de la civilisation grecque, et, dans une de ses plus ingénieuses leçons en Sorbonne, il s'est plu à faire ressortir les défauts du roman et du style de Rarthélemy. Le public ne négligeait déjà que trop l'ouvrage du savant abbé. Combien peu de personnes le lisent aujourd'hui ! Les libraires se hasardent encore à le réimprimer, en petit format, sans les atlas qui, dès l'orie^ine, le complétaient inutilement, et qui s'étaient enrichis dans plusieurs éditions successives. Nos enfants le reçoivent de temps à autre, soit en prix, soit en étrennes. C'est toujours ce qu'on appelle « un livre de bibliothèque », que l'on fait relier avec soin, mais qu'on néglige sur les rayons dont il fait l'ornement. Qui songe aujourd'hui à y joindre l'utile ouvrage que Landon et Dumersan publiaient en 1818, sous le titre de Numismatique du voijage d'Anacharsis?

Pour les antiquités romaines, nous avons depuis quarante ans, comme le pendant du livre de Rarthélemy, Rome ausiècle d^Auguste^ que M. Dezobry, savant libraire, a de son mieux, dans trois éditions successives, mis au courant des progrès de la science. Ces trois éditions d'un livre en plusieurs gros volumes chargés de notes justificatives, accompagnés de plans d'architecture et'de dessins, ont euchez nous un très honorable succès, bien qu'ils manquent un peu de

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