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Ajoutez à cela que cet exercice doit nécessairement porter iur un petit nombre d'écrits, choisis parmi les chefs-d'œuvre ît» par exemple, sur les écrits qui figurent chaque année aux programmes de nos divers concours universitaires. Un tel enseignement laisse donc en dehors de soi un grand nombre i'ouvrages et d'écrivains secondaires, qui cependant ont leur ilace légitime dans une histoire critique de THellénlsme : ainsi, >lusieurs ouvrages de Xénophon, de Plutarque, tout ce qui reste de Diodore, de Denys d'Halicarnasse, de Strabon, les rhéteurs et les philosophes de second ordre, tels que Dion Ghrysostome, Aristide, etc., sans parler de toute la littérature chrétienne. Prétendre, même en alliant ces deux ordres d'études, y embrasser toute une littérature qui compte dix à douze siècles de productions originales, môme en dehors du moyen âge, est assurément une ambition trop grande ; mais il faut au moins nous efforcer d'élargir et de remplir le cadre d'une si abondante histoire.
Au reste, messieurs, celte salutaire division entre deux séries de leçons qui se prêtent un mutuel secours, je suis heureux de la garantir par l'autorité du savant maître dont je fus le suppléant avant de devenir — par sa retraite volontaire — son successeur comme titulaire dans la chaire de littérature grecque. A la Faculté des Lettres d'abord, puis au Collège de France, la seule de ces deux chaires où il continua d'enseigner tout en gardant son titre en Sorbonne, M. Boissonade ne fit jamais que des explications philologiques de textes choisis parmi les chefsd'œuvre de l'antiquité grecque. Appelé à le suppléer ici, je devais naturellement lui soumettre le plan de mes futures leçons elle partage que je me proposais d'en faire entre la critique littéraire et l'explication philologique. Avec un parfait libéralisme d'esprit et une courtoisie charmante, il me déclara que, dans la chaire où j'allais monter, je devais rester libre de ma parole comme j'en étais responsable. Et il ajouta bien vite qu'il approuvait sans réserve le plan que je venais de lui soumettre. « Quant « à moi, ajoutait-il, je ne suis qu'un petit grammairien et je me « borne au genre d'enseignement que vous connaissez. » C'était,
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de sa part, beaucoup trop de modestie. Ce grand helléniste était aussi un humaniste des plus délicats; il connaissait à fond lei principales langues de l'Europe et il relevait sans cesse son interprétation philologique des textes grecs par des rapprochements variés avec le goût le plus fin, en un langage qui rappelait la meilleure école de nos prosateurs français (1). Mais enfin, il reconnaissait de bonne grâce qu'un de ses élèves pouvait suivre utilement une autre méthode, près de lui, disait-il, au-dessous de lui, ajouterai-je avec sincérité. Cette autre méthode à laquelle il renonçait trop discrètement, j'essayai alors et j'ai continué de la suivre. J'y resterai fidèle devant vous et je soutiendrai, tant que je le pourrai, des efforts qu'encourage votre assiduité bienveillante.
(1) Voir le recueil de ses opuscules publié en 1863 par M. Colincamp et qui a pour titre : Critique littéraire soîis le premier Empire ^ 2 vol. in- 8. On peut aussi apprécier son talent d'écrivain par sa traduction des odes de Pindare, que j'ai publiée en 1867 avec le concours de M. G. Boissonade fils, alors professeur à la Faculté de Droit de Grenoble.
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