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XXIV. — LE ROMANISME. -— DIVERSITÉ DES COURS

être tenté de préférer les grandes leçons à celles que Tusage s'obstine à nommer les petites!

En vain M. Fortoul avait voulu changer ces dernières en véritables conférences pour la préparation aux concours universitaires, ou du moins ajouter de telles conférences aux programmes de notre enseignement (1). On laissait à des établissements privés, comme l'institution Sainte- Barbe, ou aux lycées du quartier Latin, le soin et le mérite d'entretenir un service si utile pour les candidats à renseignement. Dans cet état de choses, un autre ministre, M. Duruy, renonçant trop vite peut-être à reprendre les idées de M. Fortoul, pour les agrandir et les rendre plus largement efficaces, préféra ouvrir pour les hautes études un théâtre nouveau, plus étroit sans doute, mais où Ton n'entre pas en toute liberté sans contrôle à la porte, et où l'on ne reste qu'en faisant preuve d'activité studieuse : c'est l'École pratique des Hautes Études. Eùt-il mieux valu développer à Paris même Tusage des conférences qui répondent à nos petits cours, élargir les cadres de nos Facultés, y créer une hiérarchie d'enseignement analogue à celles que présentent les grandes Universités allemandes avec leurs professeurs ordinaires, extraordinaires et leurs privat-docenten? Question délicate et qui, en tout cas, n'est plus à résoudre aujourd'hui. L'École pratique des Hautes Etudes existe, elle prospère et elle mérite de prospérer. En même temps, les Facultés voient chaque jour augmenter le nombre de leurs chaires et améliorer les conditions de leur enseignement. A certaines heures, des professeurs titulaires y donnent des leçons pour préparer de jeunes auditeurs aux examens de licence et d'agrégation. Us sont secondés dans ce travail par de véritables maîtres

(1) Décret du 22 août 1854 et circulaire du 4 octobre 1855.

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de conft'rcnces; enfin les auditeurs de ces cours sont, en partie du moins, des boursiers auxquels l'Etat accorde le secours d'une petite pension annuelle. C'est là toute une évolution pour laquelle certaines Facultés, entre autres celle de Lyon, avaient depuis longtemps déjà pris l'initiative. Mais voici bien où reparaît ce que j'appelais en commençant notre vivacité française. D'un excès, l'opinion est en train de passer à l'autre ; après avoir soutenu de toutes ses faveurs les cours à grand éclat, au risque de déprimer injustement les autres, elle se retourne vers ces derniers avec une prédilection qui manque de justice.

11 y a quarante ans, un chef du personnel au ministère de l'Instruction publique, s'il avait voulu connaître le succès d'un professeur de Faculté, aurait demandé : « Com- « bien a-t-il d'auditeurs? » Surtout d'auditeurs habituels et en moyenne, car la première leçon n'est qu'une exhibition, où le public vient faire connaissance avec le professeur et avec le sujet du cours. Mais enfin, à la question posée pouvait-on répondre par le chiffre sonore de 200 ou 300 auditeurs, l'homme était jugé en pleine possession de son talent et digne de son titre. En 1878, si je ne me trompe, la même réponse était faite un jour à la même question, et l'heureux professeur s'entendait arrêter par cette réplique : « Quel dommage, Monsieur! » N'accusons pas trop vite les chefs du personnel ; nos professeurs euxmêmes inclinent presque tous aujourd'hui vers la méthode des cours à petit bruit, à petits auditoires. C'est à qui signalera les ennuis inséparables d'une certaine popularité. Les cours ouverts au grand public ne sont pas en effet sans inconvénients. Entre qui veut, au début, au milieu, à la fin de la leçon ; sort qui veut, avec la même liberté, sans s'inquiéter de troubler le maître dans sa chaire et les auditeurs venus pour l'entendre d'un bout à l'autre. Les

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