‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 188 sur 212 · XXIV. — LE ROMANISME. — DIVERSITÉ DES COURS · texte numérisé non relu

XXIV. — LE ROMANISME. — DIVERSITÉ DES COURS

écarter de nos cours, comme il y en a, mais d'un autre genre, à n'y convier que les amis d'une littérature superficielle.

Quant à l'autre classe d'auditeurs, elle vient à nous pour se former au métier de philologue, d'historien, de chercheur en tout genre de vérités. Nous devons leur montrer dans quels livres on apprend ce métier, comment on se prépare soi-même à composer de bons livres, éditions, traductions, commentaires, mémoires et dissertations. Or, cela ne se peut sans une discipline régulière, sans une sorte d'intimité entre le professeur et les élèves. Surtout si ces derniers se préparent à des examens ou à des concours, l'externat près des Facultés devra ressembler autant que possible à l'internat de notre Ecole Normale supérieure : installation commode, qui permette quelquefois une certaine liberté d'entretien entre le maître et ceux qui l'écoutent ; proximité d'une bibliothèque de choix, usage facile des collections savantes, des atlas de géographie, des gros dictionnaires, etc. C'est précisément ce qui fut créé dès l'origine pour l'École pratique des Hautes Études, et dont on sait l'heureux effet. L'organisation de nos Facultés ne se prête pas sans effort, même pour les « petites leçons », à une discipline aussi rigoureuse. D'ailleurs, serait-il juste d'en fermer strictement la porte à toute personne qui ne présenterait pas une carte de candidat à tel ou tel grade scientifique? L'essentiel, c'est que les candidats y soient privilégiés, qu'ils aientleurs places réservées, et qu'une surveillance judicieuse lesdéfende contre l'importunité de visiteurs indiscrets. Ce privilège une fois assuré, faut-il empêcher qu'il se forme sur des gradins supérieurs une couronne de simples curieux? Qui sait si parmi ces curieux, quelquesuns ne vont pas se laisser séduire à l'attrait sévère de l'étude, et si nous n'avons pas là de bonnes recrues à espérer?

En tout cas, et dès aujourd'hui, l'extension du nombre

de nos cours et Torganisalion de conférences où des maîtres plus jeunes font leurs premières preuves dans renseignement public, sont un progrès dont il faut s'applaudir. J'avais vu pour ma part, en certaines années, l'aréopage de nos titulaires entouré de cinq ou six professeurs supplémentaires, qui renforçaient et variaient le service de nos cours, et j'ai bien des fois gémi de voir que ces jeunes et vaillants auxiliaires ne fussent pas assez encouragés par l'autorité supérieure. Aujourd'hui, en haut comme en bas, tout conspire à seconder l'alliance des grandes et des petites leçons. Tant de bonnes volontés dans le présent sont un gage heureux pour l'avenir.

Page 1