AU LECTEUR. IX
de préférence les opuscules où se marque mieux la maturité de l'esprit et de Texpérience. Ces morceaux d'ailleurs ont Tavantage de répondre plus directement aux préoccupations actuelles de l'esprit public en matière d'enseignement.
Quant à mes autres mémoires et articles publiés, soit dans des recueils académiques, soit dans le Journal des Savants, auquel j'ai apporté, depuis 1871, une assez large part de collaboration, les uns ont déjà trouvé place, en 1862 et 1863, dans les deux volumes rappelés plus haut (1). Des autres, je me propose de former un troisième recueil, qui s'adressera moins spécialement que celui-ci aux pères de famille et aux professeurs.
Dans le présent volume, j'ai désiré qu'une certaine variété compensât l'inévitable gravité des sujets et des réflexions qu'ils me suggèrent. Au cours d'une longue profession, il m'est arrivé de parler devant des auditoires très divers, divers par l'âge, par le sexe, par l'éducation et, si l'on peut s'exprimer ainsi, par le tempérament. Par exemple, les conférences, dont la mode est aujourd'hui si répandue, et qui réunissent tant de personnes des deux sexes et de toute condition, exigent une autre méthode que les leçons régulières d'un cours en Sorbonne. Appelé plusieurs fois à prendre la parole devant des auditoires différents, il m'a fallu par cela même varier les formes d'un enseignement toujours sérieux pour le fond, toujours dirigé en vue d'élever le cœur autant que d'éclairer l'esprit. Dans quelle mesure ai-je réussi, ce n'est pas à moi de le dire : le lecteur verra, je l'espère, que si les morceaux qu*on lui présente ici et dont plusieurs lui sont peut-être déjà connus, so rapportent tous à l'enseignement, quelque chose du moins s'y retrouve de la variété naturelle des sujets et de l'intention particulière qu'avait l'auteur, en les rédigeant au sortir d'une
[X) Mémoirei de Littérature ancienne; Paris, 1862, 1 vol. ia-8° ; et A/^moires d* Histoire ancienne et de Philologie; Paris, 1863, 1 vol in-S*.