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V. RAPPORT SUR L»ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

ragementles efforts de nos jeunes compatriotes, pour maintenir et pour accroître Thonneur d'une Ecole qui nous est chère à tant de titres. Mais bientôt, hélas! éclataient les désastreux événements qui allaient apporter de nouvelles entraves au travail de TEcole, en imposant à tous, maîtres et élèves, d'autres et bien cruels devoirs. Deux ans se sont ainsi écoulés, sans que l'Académie eût, dans l'examen de nouveaux mémoires, la matière d'un de ces rapports où votre Commission met d'autant plus de zèle, qu'elle est toujours sûre d'exciter parmi vous le plus paternel intérêt pour la jeunesse intelligente et laborieuse, espoir de la science française et de l'enseignement public dans notre pays.

Dès 1871, la reprise des travaux de l'École nous était signalée par un mémoire, ou plutôt par un rapport très simple, très court, mais substantiel, avec dessins à l'appui, où M. Mamet, de la section des lettres, et M. Gorceix, de la section des sciences, s'étaient unis pour nous rendre compte des fouilles heureusement exécutées dans l'île de Sanlorin, l'ancienne Théra. Là, par un bonheur bien rare, les forces volcaniques et l'action aveugle de la nature avaient préparé l'œuvre des archéologues, en leur ouvrant des profondeurs de l'antiquité, que n'atteignent pas d'ordinaire les fouilles les plus hardies. C'est dans des couches du sol où notre œil ne pénètre guère que les deux explorateurs avaient retrouvé des habitations de date préhistorique et, dans ces habitations, de nombreux produits de l'industrie humaine qui, d'ordinaire, prennent place sur les rayons des musées géologiques, plutôt que sur ceux des musées d'archéologie. Une partie de ces recherches échappait donc à notre compétence. Toutefois, quelques vases de la plus ancienne fabrique et du plus ancien style, quelques instruments de l'industrie des habitants du sol qui, peut-être, ne s'appelait pas encore un sol hellénique, avaient vivement attiré votre

attention. Mais Tensemble de ce travail s'adressait moins à nous qu'à l'Académie des Sciences, près de laquelle il a reçu, en effet, un légitime et favorable accueil (1). Peutêtre, et cet exemple nous invite à le croire, le temps n'est-il pas éloigné où les deux Académies auront à s'unir, pour diriger en ce sens les recherches entreprises sur ces périodes primitives de l'histoire. En attendant, il faut bien nous réduire aux périodes où l'humanité a laissé, de son passage sur cette terre, des souvenirs plus faciles à interpréter, soit dans les poèmes conservés d'abord par la mémoire, puis confiés à l'écriture, soit dans des inscriptions.

Nous rentrons modestement dans ce domaine de l'histoire, et même de l'histoire classique, avec les trois mémoires de M. Augustin Cartault, sur quelques antiquités de l'île de Rhodes, de M. Rayet sur l'île de Cos, de M. Lebègue sur sa nouvelle exploration du golfe de Coriathe.

L'île de Rhodes, avec la petite île de Ghalki, sa voisine, qui en forme comme une annexe, est depuis vingt ans environ un sujet d'étude favori pour les antiquaires, particulièrement pour ceux de notre École française. Vous avez jadis apprécié une importante exploration de cette île par M. Victor Guérin, qui nous a valu un juste volume en 1856. Depuis, MM. Wescher et Foucart, M. Salzmann, M. Ch. Tissot, ont ajouté des découvertes précieuses à la récolte de M. Guérin. M. Cartault a connu et utilisé ces divers travaux de ses devanciers (2) ; il n'a pas voulu les refaire. 11 se propose seulement de les compléter, surtout

(1) Voir les Comptes rendus de l'Académie des sciences^ t. LXXIII, p. 4'8, et comparer la mention honorable que fait de ce travail M. Renan, Président de notre Compagnie, dans le discours prononcé à la séance publique du 29 décembre 1872.

(2) Toutefois il ne paraît pas avoir connu VHistoive de Rhodes, publiée en 1868, à Heiligenstadt, par Schneiderwirtk, et qui nous a paru un résumé fort méthodique des travaux antérîeurs .

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