V. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAÎSE D'ATHÈNES
contenant des copies et des empreintes d'inscriptions dont Fauteur n'a pas encore pu faire l'usage qu'il se propose, pour compléter les anciens recueils épigraphiques et pour éclairer l'histoire d'une île jadis si florissante, aujourd'hui si pauvrement habitée. En nous adressant le fascicule que nous avons parcouru avec intérêt, M. Rayet a exprimé, avec beaucoup de raison, le formel désir de n'être pas jugé sur cet assemblage de matériaux, qui doivent lui être renvoyés pour subir de sa part un travail de révision, de transcription, d'interprétation. On peut néanmoins le féliciter de nous avoir fait connaître ces premières ébauches. Les empreintes surtout, reproduction presque toujours commode, autant que sûre, des textes épigraphiques, qui permet de les étudier à Taise loin des monuinents originaux, et qui peut les remplacer quand, par malheur, ils sont égarés ou détruits, les empreintes sont une œuvre bien utile et méritoire. Avec la photographie, elles ont rendu, elles rendront encore à nos travaux les plus grands services. On ne saurait trop exciter les antiquaires à l'emploi de ce procédé, et c'est une idée vraiment heureuse que celle de deux de nos confrères, MM. Waddington et L. Renier, qui exposaient naguère devant l'Académie des Inscriptions le projet d'en former une sorte de collection centrale, à la Sorbonne, dans une des salles de notre Bibliothèque de l'Université. Ce projet et l'exemple même qu'ont donné les travaux de nos deux confrères, encourageront certainement les épigraphistes français à imiter leurs méthodes, en contribuant avec eux à cette fondation d'un nouveau genre de musée.
Pour sa part de débutant en épigraphie, M. Rayet se trouve ainsi répondre à la quatorzième des questions inscrites par nous au programme de l'École française, à celle
que nous avons appelée Question pormanente^ et qu'il est peut-être opportun de reproduire ici :
« Tenir TAcadémie constamment au courant de toutes « les découvertes archéologiques ou épigraphiques qui se « font en Grèce, et qui sont signalées dans les journaux « grecs. Envoyer à l'Académie des copies (que n'avons- « nous ajouté des photographies ou des empreintes?) des « inscriptions découvertes, en les contrôlant par l'examen « attentif des monuments originaux, lorsque la découverte « aura lieu à Athènes, ou dans les environs. »
Quant au mémoire même de M. Rayet, qui forme un manuscrit de 60 pages in-folio, il est d'une lecture attachante, par la variété des souvenirs, par l'agrément du style, agrément que d'ailleurs l'auteur a çà et là trop recherché ; il intéresse plus sérieusement, par la précision des documents statistiques qu'un magistrat indigène lui a fournis, sur la population et sur l'industrie de l'île de Cos. Mais le plan de ce mémoire est défectueux, et la méthode d'exposition n'y est pas assez rigoureuse. On ne voit pas pourquoi M. Rayet traite d'abord de l'état actuel des choses, pour s'occuper ensuite de l'antiquité, et de l'antiquité descendre au moyen âge. La première partie semblait devoir être la dernière. Chacune surtout devait être précédée d'une indication des publications antérieures sur le même sujet, indication que l'auteur nous fournit seulement pour la plus ancienne période de l'histoire de Cos, et cela encore d'une manière insuffisante, malgré nos recommandations fréquentes à cet égard (1); car nous ne voyons pas clairement s'il a utilisé tous les renseignements contenus même dans un simple article du dictionnaire de William Smith; nous ne voyons pas s'il a pu consulter la dissertation de
(1) Voir le rapport présenté, au nom de la Commission de TÉcole d'Athènes, en 1862, page 16.