PENDANT LES ANNÉES
Messieurs,
Le Rapport de cette année sur les travaux de FEcole
française d'Athènes se rattache au précédent par un bien
douloureux souvenir. L'an dernier, nous pressions de nos
vœux Fachèvement d'une publication dont M. Ch. Blondel,
ancien membre de l'École, avait trouvé en Grèce la matière
et s'était imposé la tâche ; nous étions près d'accuser des
scrupules d'éditeur, qui semblaient ajourner sans cesse
Timpression d'un texte depuis longtemps signalé au monde
savant, qui l'attendait avec impatience. Ce retard, hélas!
n'était que trop excusable, car M. Ch. Blondel est mort à
l'œuvre, le 16 septembre dernier, à Versailles, après de
lentes et irrémédiables souffrances. Il avait à peine trente-
sept ans accomplis. Sa santé, toujours frêle, n'avait guère pu soutenir les fatigues du professorat; elle résistait mal, même aux fatigues d'un travail philologique, qui exigeait des recherches fréquentes et quelquefois lointaines dans les bibliothèques. Nos désastres publics Tavaient encore affaibli. Éloigné de Versailles, sa ville natale et résidence de sa famille, au mois de septembre 1870, il avait emporté avec lui le manuscrit de Makarios Magnes, ainsi que les notes préparées pour Tédîtion et, à travers bien des voyages, ce cher dépôt ne l'avait pas quitté, sujet constant d'une sollicitude qui le tourmenta jusqu'au lit de mort, et qui doit lui survivre ; car il a pu confier à un collègue, à un ami, M. E. Foucart, le soin d'achever le travail qui échappait à ses mains défaillantes. Heureusement, cette œuvre n'est pas la seule dont la publication pourra honorer sa mémoire. Nous devons sans doute renoncer à recueillir le fruit de ses longues études, sur le culte de Déméter et sur les mystères d'Eleusis, études jadis entreprises pour répondre à une des questions de notre programme académique ; mais les inscriptions qu'il avait jadis relevées dans laBéotie et dans l'Attique, trouveront en M. E. Foucart un éditeur habile et consciencieux. La science ne perdra pas tout le profit des labeurs de cette vie si pure et si courte : l'honneur en est acquis à la mémoire de Charles Blondel, et comptera parmi les meilleures consolations d'une famille, où il est tendrement regretté.
Un jeune professeur, plus récemment sorti de l'École, M. Rayet, ne nous avait envoyé en 1872 qu'un chapitre détaché de ses études sur les Sporades ; c'est le mémoire sur l'île de Cos, dont nous avons rendu compte à l'Académie. La note qu'il nous communique, sur la continuation de ses recherches, explique pourquoi il n'a pu achever la rédaction de celles qui concernent Cos et les îles voisines. Tout