‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 34 sur 212 · V. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

V. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

autant de place et d'y avoir autant d'importance que nous le voudrions. Historiens ou humanistes distingués dans nos concours universitaires, les membres de l'Ecole française n'apportent, d'ordinaire, en Grèce, qu'un savoir grammatical insuffisant pour faire dignement honneur à leur tâche; quelques-uns peut-être y apportent un goût médiocre pour les études de pure philologie : c'est là un fait regrettable ; c'est une disposition fâcheuse, contre laquelle nous devons les prémunir. Nous le devons d'autant plus, que la concurrence scientifique qui nous presse de tous côtés, surtout du côté de l'Allemagne, pourra bien, un jour ou l'autre, fonder une école rivale, tout près de notre École française d'Athènes, comme déjà elle a dans Rome, à côté de notre colonie d'artistes, un Institut archéologique. Si ces prévisions se réalisent, il est à souhaiter que les Allemands, qui déjà rencontrent en France des épigraphistes et des antiquaires dignes de lutter avec eux (1), en retrouvent au pied de l'Acropole, et que nos Français, à Athènes, ne se montrent pas au-dessous des redoutables voisins, que leur enverront les universités de Berlin, de Bonn, de Breslau, de Gôttingue. Heureusement, les vingt dernières années sont, à cet égard, pleines pour nous d'espérances : dans les principales voies ouvertes à l'érudition, rétablissement français d'Athènes a beaucoup honoré notre patrie par ses travaux ; s'il n'a pas toujours reçu, chaque année, des recrues assez fortement préparées à leur œuvre, il nous les a renvoyées plus savantes, pourvues d'un riche appareil de notes et d'observations, mûries pour la critique par le travail des recherches, animées d'un zèle ardent pour le progrès de toutes les études relatives à l'antiquité. 11 y pa-

fl) Qu*il me soit permis, sur ce point, de renvoyer aux dernières pages dos observations que j'ai publiées, en 1871, dans le Journal des Savanis^ en terminant l'examen des principaux recueils d'Épigraphie grecque.

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raît aux nombreux mémoires publiés dans les Archives des Missions scientifiques y dans la Revue archéologique ^ dans un des recueils de notre Académie (I); il y paraît à de longs ouvrages, comme ceux de MM. Heuzey et Perrot, et des architectes leurs habiles collaborateurs. On en aura bientôt une preuve nouvelle, en un genre où TEcole française d'Athènes n'avait rien produit jusqu'à ce jour, dans Touvrage inédit d'un controversiste chrétien, Makarios Magnes, qui est confié aux presses de l'Imprimerie Nationale, et dont M. Charles Blondel procure l'édition princeps avec des soins si scrupuleux, que nous commençons à en remarquer le lenteur (2). Ce sont même là, nous pouvons le dire, sans nous hausser jusqu'à l'orgueil, ce sont plus que des espérances : ce sont des gages d'une activité toujours en éveil, que rien ne saurait fatiguer et qui trouvera, dans nos désastres mêmes, avec une leçon salutaire, le plus patriotique encouragement à ne point défaillir. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres aimera, nous n'en doutons pas, à soutenir de sa haute et sympathique autorité la confiance que sa commission lui exprime ; l'École d'Athènes y répondra par un surcroît d'effort, que la France saura reconnaître et récompenser.

(1) Ajoutez à ces recueils les thèses de doctorat à la Faculté des Lettres, comme celle de M. Petit de Julleville : Quomodo Grseciam tragici pœts grxci desctipseHnt (1868) ; celle de M. Decharme, De Thebanis artificibus (1869) ; et celle de M. Vidal- Lablache, De Titulis funebribus grxdsin Âsia minore (1870), qui répond à l'une des questions de notre programme académique.

(2) Voir la note insérée par M. Blondel au premier numéro (1 868) du Bulletin de l* École française d'Athènes^ p. 24-25). [La mort tristement prématurée de M. Blondel a fait passer aux mains de son collègue et ami M. Foucart le travail de cette édition qui n'a pu paraître qu'en 1876J.

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RAPPORT

FAIT A l'académie DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRKS

AU NOM DE LA COMMISSION

DE L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES

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