VII. — RAPPORT SUR L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES
vers ces transformations et ces détours. L'auteur s'efforce avec raison de dégager le fonds primitif et pur de ce qu'on est convenu d'appeler, trop ambitieusement peut-être, le mythe de l'Amour et de Psyché ; il s'efforce d'en distinguer les formes essentielles des formes secondaires et capricieuses. Nous n'oserons pas dire qu'il y ait complètement réussi. Personne n'avait jusqu'à ce jour observé pour cela un aussi frand nombre de monuments; mais il ne semble pas avoir •assemblé, pour les éclairer, tous les témoignages que peut •Qurnir la lecture des auteurs grecs et latins. 11 y a, par îxemple, dans la Lettre de consolation écrite par Plutarjue à sa femme (chapitre X) un témoignage important, qui ui a échappé, sur la doctrine des mystères dionysiaques îoncernant les destinées de l'âme après la mort. M. Colli- ^non s'est d'abord abstenu (ce qui, pour un début en ces îtudes fort délicates, est une marque de prudence), de rechercher la part que les idées égyptiennes et orientales loWent avoir eue, dans le développement de la fable bellelique d'Eros et de Psyché. Le style de son mémoire est îxcellent, et tel qu'on pouvait l'attendre d'un esprit formé :>ar la meilleure éducation classique. Le travail devra être sans doute remanié en vue de Timpression; quelques pages du premier catalogue y font double emploi avec les descriptions comprises dans la seconde partie ; en les abrégeant, l'auteur fera place à des additions nécessaires. Sa méthode aussi pourra gagner un surcroît de précision et de termeté. Mais, dès aujourd'hui, on peut le louer d'un succès qui donne plus que des espérances.
M. Bayet, déjà familiarisé avec les antiquités romaines i par une année de séjour en Italie (1872-1873), et M. l'abbé Duchesne, plus récemment arrivé à Rome, mais avec un talent fort exercé de philologue et de paléographe, avaient - à peine mis la main aux travaux de leur choix quand l'oc-
casioQ leur a été offerte de se dévouer à une mission imprévue, où leur zèle s'est employé avec honneur pour eux, avec un réel profit pour la science.
Parmi les papiers laissés par feu Charles Bien del, qui mourait si tristement Tan dernier, sans achever son édition de Makarios Magnes^ M. Foucart avait remarqué, el il avait signalé à M. Pierron, le savant éditeur d'Homère, quelques scolies, provenant d'un manuscrit qui portait l'indice d'un couvent de l'Athos. M. Pierron reconnut bientôt dans ces scolies quelques notes de critiques alexandrins, relatives ta des vers d'Homère, qui manquent dans le célèbre manuscrit de Venise, publié en 1788 par Dansse de Villoison. Cette remarque enflamma d'une curiosité bien naturelle, et d'une espérance trop vive peut-être, le récent éditeur de l'Iliade. Neuf cent trente-cinq vers, avec les scolies correspondantes, ont disparu du célèbre Codex Mot- <:ianus. Quel bonheur, si la bibliothèque conventuelle de Vatopédi pouvait nous offrir un manuscrit de la même famille que celui de Saint-Marc, et si une pareille lacune pouvait être comblée, dans l'incomparable commentaire [] <[ui nous fait si intimement connaître le travail d'Aristarque et de son école sur le texte d'Homère! Certes, il y avait peu de chance pour qu'un tel trésor eût échappé aux précédents explorateurs, surtout au dernier et au plus habile, à notre éminent helléniste Emmanuel Miller. Mais enfin l'art des recherches a ses trahisons, les moines grecs ont leurs accès de défiance et de jalousie. L'aventure d'une exploration nouvelle méritait d'être tentée, même sur de si courts indices. Une note enthousiaste et pourtant discrète sur le point capital, c'est-à-dire sur le lieu du dépôt, avait averti le public (1). L'autorité ministérielle fut aussitôt saisie
(l) Voir YInstntction publique du 15 janvier 1874. La note que M. Pierron
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