YII. — RAPPORT SUR L»ÉCOLE FRANÇAISE D'ATHÈNES
d'une demande en forme, à Tcffet d'envoyer sans retard à Vatopédi un paléographe exercé. L'autorité répondit avec empressement à cet appel. M. Albert Dumont présenta et fit agréer pour la mission M. l'abbé Duchesne, qui partit aussitôt, accompagné de son jeune collègue M. Bayet. Les deux voyageurs, quoique fort bien accueillis au monastère^ n'y ont pas, hélas! trouvé le trésor que rêvait l'ardeur savante de M. Pierron ; ils n'ont trouvé qu'un manuscrit du XV® siècle, confusément annoté, mais annoté, en quelquesparties du moins, d'après un recueil d'anciennes scolies analoorues à celle du Marcianus, M. l'abbé Duchesne v a recueilli une trentaine de pages, qui pourront remplir des^ lacunes du fameux scoliaste de Venise, car elles ne figu-^ rent pas plus dans l'édition de ces scolies, donnée par Imm. Bekker en 1825, que dans Véàiixon princeps de Villoison. Seulement, il conviendra de ne les pas imprimer avant de dépouiller soigneusement les recueils, tels que les Anedocta grœca, de Cramer et de Bachmann, postérieurs au travail de Bekker, et qui contiennent tant de notes, de toute provenance, sur les poèmes homériques. Au reste, nos deux explorateurs ne se sont pas bornés à l'objet spécial de leur mission. L'abbé Duchesne, une fois installé au couvent de Vatopédi, n'a pas manqué l'occasion d'y collationner quelques très vieux manuscrits des livres saints, manuscrits déjà signalés, mais dont la collation plus exacte ne sera pas sans profit pour la critique. En outre, de concert avec son collègue, il a étudié les peintures etl.es sculptures des couvents de l'Athos. 11 y a relevé avec soin les inscriptions chrétiennes, qui permettent d'en fixer la date jusqu'ici incertaine. Leur voyage de retour n'a pas été moins fructueux. Ils ont fait à Salonique et dans les envi-
publiait dans ce numéro avait été lue, quelques jours auparavant, au comité de TAssociation pour Tencouragement des études grecques en France.
rons un séjour assez long pour y copier, souvent même pour y estamper un grand nombre d'inscriptions, récemment découvertes par suite de démolitions qui, faites sans doute pour une tout autre lin, serviront, grâce à cette visite opportune, à sauver pour l'histoire ancienne de cette contrée environ cent cinquante textes épigraphiques. Parmi ces textes, plusieurs sont datés, plusieurs sont d'une certaine étendue. Le travail que Tabbé Duchesne leur a consacré, et qu'il nous a soumis, n'est encore qu'une ébauche; mais nous le savons en bonnes mains, et nous avons lieu d'espérer qu'il viendra utilement accroître l'épigraphie de la Thessalie et de la Macédoine, jusqu'à présent si pauvre, malgré les heureuses découvertes de M. Heuzey et de M. Miller. Parmi tant d'acquisitions, nous devons au moins signaler : 1° une inscription de la ville de Spartolos, constatant une cession de territoire par le roi Cassandre ; 2"* cinq stèles de Larissa, contenant des actes d'affranchissement analogues à ceux qu'a recueillis M. Heuzey; 3° le fragment d'un registre agonistique, analogue au texte plus complet et plus intéressant que M. Miller commentait et pubhait naguère, dans les Mémoires de notre Compagnie ; 4"* une stèle d'Olynthe, qui nous offre une dédicace aux dieux Cabires; 5° l'épitaphe, en trois jolis distiques, d'un athlète mort à douze ans; 6** plusieurs épitaphes mentionnant des corporations industrielles^ comme celles des teinturiers en pourpre, Tuopçupoêa^oi. S'étant, de plus, assuré d'utiles correspondances avec les pays qu'il venait de parcourir, l'abbé Duchesne a déjà reçu, depuis son retour en France, quelques inscriptions, parmi lesquelles un long décret de la ville de Lété en Macédoine, et de l'an 117 avant J.-C, qui enrichiront d'additions notables son recueil épigraphique. En redescendant vers l'Italie, l'infatigable voyageur s'est arrêté pendant quelques semaines à Patmos; il y a visité,