‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaire: souvenirs et conseilsChapitre 6 sur 212 · A LA FACULTÉ DES LETTRES · texte numérisé non relu

A LA FACULTÉ DES LETTRES

(4 décembre 1882)

Messieurs,

Depuis la première fois (c'était en 1840) que, comme suppléant de M.Boissonade, j'ouvris dans cet auditoire Je cours de littérature grecque, bien des changements ont eu lieu en Sorbonne comme autour de la Sorbonne. L'affiche de nos programmes, en 1840, offrait au public vingt-deux leçons par semaine, réparties entre onze professeurs ; aujourd'hui, en jetant les yeux sur notre affiche, j'y vois pour cette seule journée l'annonce de dix-huit cours. Le contraste n'a-t-il pas quelque chose de saisissant? Comme vous le pensez bien, il ne s'est pas subitement produit; les années ont fait lentement leur œuvre. Plusieurs chaires nouvelles, plusieurs conférences, avec des maîtres spéciaux pour chacune d'elles, ont singulièrement élargi et varié nos programmes. Nos auditoires se sont ouverts à des candidats pour les différents concours, candidats volontaires ou soutenus dans leur zèle par des bourses de l'État. Enfin, chose plus neuve encore dans cetle antique Sorbonne, les femmes ont été librement admises à suivre nos cours. Tant d'innovations et de réformes (et je ne parle pas de celles qui

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