ACTE TROISIEME
Qui sera mon fils ? dis, Eleklre, que sera ta lîUe ?
Le clair de lune illumine la scène de côté. Pause.
J'appartiens au dégoût.
Tantale lentement se dîrig-e sui" les rocs qui regardent le précipice.
TANTALE
Oreste, suis-moi ! Oreste !
CHŒUR
Pareil à l'oiseleur, quittant son emblavure cVorge, Après avoir tendu les rets, Tantale sur'les i^ocs S'éloigne et semble surveiller la toile des ténèbres. Quel piège as-tu posé, ô vieillard, pour la mort ?
TANTALE, ù Oreste
Le couteau d'or traîne à tes pieds, dans ses mailles de pourpre
Ramasse-le, et puisqu'il te fait peur, remets-le
Au fourreau : cache-le, rentre-le dans sa gaine
De chair, lâche, dans le manteau doré de ta poitrine.
Fou cruel, impie, de tous le plus dur et le pire. Crois-tu que j'ai nourri ce lils, pour qu'il meiu-e?
ŒNOPS
Tu n'es donc pas encore rassasie de désastres ?
ORESTE
J'en finirai, j'en finirai ! De vous tous et de moi.
Élektre et Or este
CHŒUR
Oresie, Oreste que fais-tu ? pourquoi répondre ? fuis Plutôt : V oiseleur de la nuit tire sur le filet.
TANTALE
Oreste, ceux qui veillent, t'appellent : Arrive.
ELEKTRE, terrifiée
Quelle sera la fin, ô Jupiter?
Tantale rit.
TANTALE
Quelle sera la fin? En doutes-tu? — La mort. Seule, la mort achève tout. Il faut l'attendre. S'il n'est pas assez fort, qu'il aille la chercher,
GLAIA
Roi Tantale, affreux vieillard, va, je t'ai deviné :
Tu voudrais voir mourir aussi cet enfant, ô méchant.
Il le veut, tu dis vrai, nourrice, — l'aveugie assassin.
GLAIA
Ha, toi-même, ma fille, cruelle tu l'étais Tout à l'heure et ne le fus que trop : et voici La mort de toutes parts, et ce tombeau de deuils. Va, laisse-mioi pleurer.