‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 106 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Elle vivra, Oreste.

TANTALE

Et puisqu'il faut que je demeure, Puissé-je vivre pour la voir périr totalement.

ŒNOPS

Roi d'Athènes, faut-il laisser ainsi à ses blasphèmes

L'épouvantable vieillard ?

JUPITER

Il faut l'y laisser.

TANTALE, au Chœur

Je vous défie, esclaves; aboyez, dans la niche.

Noire oreille de la nuit, entends-les : tu les connais

De longue date : ici, en bas, partout et malgré eux.

Ils hurlent à la mort ; tous les chiens de la plèbe

Tournent dans le ravin en reniflant la proie.

Hurlez, dogues de la fosse, donnez de la voix pour elle !

Ne faites pas les délicats, chenil de la vertu.

ORESTE

Thésée, ô roi, — hôte de mon père, — le vieillai'd me fait signe.

JUPITER

Demeure. Ne fais pas un pas.

Elektre et Oreste

TANTALE, rire sombre

Oreste, l'oublies-tu ?

Il faut que tout s'achève, et dans la mort. Descends la pente ! Déjà, tu es à bien plus do la moitié du chemin. La puissance, l'amour, la gloire et les montagnes d'or. Au pied de l'Acropole et des remparts, elles s'écroulent Dans le tunnel lugubre et calme, au giron de la nuit, Là où la mort a ses relais, là où pour les tuer L'auberge du forfait reçoit les fils des rois. Périsse, périsse la ville ! Que tous périssent ! Entre dans la maison, Oreste, ou meurs. Moi, je demeure.

ORESTE, hors de lui

Non, jamais ! Je n'entrerai pas dans la maison sanglante. Loin de moi, murs farouches, mâchoires de l'assassinat. Dormir et oublier !...

TANTALE

Que la race périsse !

Cours, lionceau; sus au bien que mes deux bras te montrent! Boudis ! Ravis ce que je ne puis pas étreindre. Va.

J'irai.

ORESTE

JUPITER

Arrête, t'ai-je dit : Tu n'iras pas.

Obéis-moi. Je viens au nom de Jupiter.

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