‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 109 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ft JUPITER

Si tu me connais, tu dois disparaître : tu ne peux Pas soutenir ma vue. Oreste, repens-toi d'avoir Voulu mourir. Accepte-toi toi-même. Expie ta faute En t'y résignant : II le fallait. Le Destin règne.

TANTALE, s'en va

Ha,

J'éteins la torche, et je la foule aux pieds. Qu'elle aille au gouffre *

Périssent, périssent tous les dieux ! O nuit !

Il lance la torche clans le ravin. Et sort en chancelant. ORESTE

Purifié? Ho, si je pouvais l'être...

JUPITER

Tu l'es déjà, Si ton âme y consent. Rends grâce à la fortune. Ici même, dans le lieu capital du malheur.

ORESTE O Roi, — il pleure

JUPITER

N'étouffe pas ce grand sanglot, mais parle. Et relève la tête.

O Roi, tu parles en dieu.

Et non en homme : j'ai tué ma mère...

Elektre et Oreste

ELEKTRE

Tu as puni : c'est moi qui l'ai voulu, tu m'as sauvée ; Et tu pourrais ne pas l'être, mon bien aimé?

JUPITER

La vie porte en soi la x)urilication.

Oreste, tu dois souffrir : c'est toi qui dois ainsi

Connaître enfin le prix de la justice : tu sauras

Dans la douleiu', ce que tes pères n'ont pas su.

Le savoir est le fils très pur de la soufi'rance.

Ne cherche pas pourquoi je te pardonne : sache aussi

Que la sérénité est la seule justice.

Ta route est longue encore ; ton jour se lève à peine.

Expie donc en vivant. Mon fils, courage ! expie.

Si les remords te déchirent, laisse-t'en déchirer :

C'est à fin que plus tard ta pensée même se rachète,

Plus tard, beaucoup jjIus tard. Sois patient.

ORESTE

Aurai-je le repos? Aurai-je le sommeil, grand Roi?

C'est à toi de les conquérir. Lutte, tu les auras.

Pour vouloir le pardon, le Destin veut le crime.

Penses-y.

Qui élude la loi? Vois, les astres en sont le texte :

Pour moi-mcmç elle est faite, et non faite sans moi.

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