‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 25 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ELEKTRE

Pour le père assassiné, Qu'il t'en souvienne, ô mon frère, — et pour toi.

ORESTE

Laisse.

Pour toi, sa lille, n'a-t-elle pas été bonne mère?

ELEKTRE

Elle? Elle?

tlemi rire amer, farouche.

Bonne mère ? Oui, comme elle fut Bonne épouse. Oui. Bonne comme le tranchant Du couteau sur le col de la poule ; bonne, bonne En vérité, comme la pierre que lance la fronde, Et qui frappe au milieu du front.

Même rire, plus ])as.

Bonne ? O, tu ignores Le démon de l'impudicité dans la femme altière. Depuis qu'elle a trahi, depuis qu'elle a souillé la couche Conjugale, elle nous exècre tous; elle n'aime que lui, Le complice de sa volupté: mais c'est moi, Qu'entre tous, entends-tu, sa méchanceté traque. Joiu* et nuit, nuit et jour, jour et jour, et les ans Sur les mois, et les mois sur les ans, elle m'a blessée. Insultée, avilie, elle m'a —

Elle étoufTe, et saisit la lète d'Oreste. O frère, elle m'a tant humiliée... Je n'ai vécu Que dans l'espoir de ton retour, et lasse de t'attendi*e, Plus d'une fois j'ai pensé à mourir, — ou —

Elektî^e et Or este

ORESTE, oppressé ELEKTRE, bas, scandé

J'ai médité de... la... tu...er.

Ou?,,

ORESTE, faiblement

Toi?

ELEKTRE

Moi.

ORESTE

Toi-

même ?

ELEKTRE

Moi.

Coiu't silence

GLAIA, mécontente

Elektre, une lille parler ainsi ? Non, je te blâme.

ELEKTRE, froide colère

Elle m'a mise au bas bout de la table, et m'a jeté Gomme à la chienne Takhys les restes de son mâtin.

GLAIA, à regret

Elle l'a fait, il n'y a pas un mois, devant ces princes Étrangers.

Elektre roiiûit violemment.

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