‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 5 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

VOIX DE TANTALE

Jupiter ! Jupiter!...

La clameur retentit comme la foudre.

Mieux vaut quitter la place.

Œnops pourtant, là-bas,

Que fait-il, loin de nous, immobile et pareil au deuil

Qui médite ?

Ne l'appelle pas. Il garde un homme qui dort : La royale Elektre, tantôt, Va commis à veiller Sur ce triste étranger, un pâle fugitif qui tremble Et qui se cache.

De qui ?

De tout. Et d'abord garde-toi D'en rien dire : il ne faut pas que te palais soupçonne Sa présence. Ne me demande pas pourquoi : f ignore La raison et ne veux pas la chercher...

Tout, ici, Désormais est mystère.

Elektre et Oreste

VOIX DE TANTALE

Jupiter ! Jupiter !...

Venez. L'épouvante me chasse. Je reconnais la voix. Sachez-le : c'est Tantale qui hèle; Déjà cette nuit, l'antique roi a maudit La terre et le ciel, du haut de sa tour.

Souvent pourtant, on a dit qu'il est mort ?

Il vit, hélas; et il blasphème. Dans les ténèbres

Il a clamé :

« Aujourd'hui, aujourd'hui, aujourd'hui même ! »

Aux temps d'Agamemnon, il ne quittait jamais la tour.

Mais maintenant, la main du maître n'y est plus : le temps

De la lune orageuse est venu : et, comme la meute

Des vagues court sur la plaine de la mer, la carrière

Est ouverte à tout mal, pourvu seulement qu'il soit fort.

VOIX DE TANTALE

Jupiter ! Jupiter !...

Il vient. Je fuis.

Retirons-nous.

Amis, ces jours du cuisant été, le chien Sirius A la rage : mordu aux oreilles, le meurtre alors Aboie, errant dans la ville des hommes.

Page 1