‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 72 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ORESTE, grince des dents Qu'il vienne! maintenant, je le déchirerai, S'il faut avec mes dents, je l'ouvrirai de mes ongles S'il faut, au seuil de la maison, au même lieu, Le bain de sang, le lit nuptial et la pourpre De la luxure. Là! le couteau nu!

Je le lève et le bras.

court silence.

Elektre s'agenouille et lui bciise la main.

ELEKTRE, à genoux

Béni sois-tu. O frère, tu es là, comme la mort : Terrible : et taciturne, prêt à bondir, comme la vie. Tu es le gond de l'heure et sur toi la nuit vengeresse Va s'ouvrir à jamais, roulant sur les coupables. O je baise tes pieds. Mon cœur frémit de joie.

ORESTE

N'épouse qu'un lion : tu dévorerais l'homme. Mais plus un mot.

ŒNOPS, chuchotant

Le piège va jouer.

Dix pas, dix pas à peine. Plus que sept.

ELEKTRE, se relève

Moi j'irai au devant de la bêle. Silence!... C'est son pas.

On entend mai-chcr. Elektre descend un degré. Elle souffle à Ores le :

A la gorge ! c'est lui !

^gislhe pai-aît. Elektre va à sa rencontre.

Elektre et Oreste

^GISTHE, il s'arrête

Qui parle? Qui es-tu, toi, Elektre?

ELEKTRE, voix caressante

Oui, moi.

^GISTHE

Et c'est moi, sans doute, que tu attends ?

ELEKTRE

C'est toi.

^GISTHE

Ton cœur s'adoucit, à ce que je vois?

Peut-être.

^GISTHE

Pour le croire, il faudrait m'en donner une preuve.

Il s'arrête encore

Mais avec toi, qui est là, sur le seuil ?

ELEKTRE

La nourrice.

-^GISTHE

C'est toi, Glaïa? Pai-le.

GLAIA, doucement

O roi, c'est moi.

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