‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 71 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

CHŒUR

Il vient. Il vient. Bientôt il sera là.

Je Vai vu, il parait au creux de la route,...

Il renvoie son esclave, il se hâte,

Il est joyeux. — Plus que cent pas.

ELEKTRE, à Glaïa

Silence, maintenant.

ŒNOPS

Le piège est prêt.

CHŒUR

Comme la Parque passe le fil à la Parque, Prends la nouvelle de ma bouche, et porte-la : Il s'avance : plus que quatre-vingts pas, L'homme approche la tête haute.

ELEKTRE, entre ses dents

C'est ce qu'il faut.

CHŒUR

Il monte le sentier : ainsi l'ombre progresse, Inévitablement, ^gisthe marche à son Destin.

ELEKTRE

Qui l'attend.

CHŒUR

Cinquante pas encore, et le bord de la fosse. O roi, celui que tu n'espérais plus,

Elektre et Oreste

Va donner de son pied ténébreux

Dans le temple insolent de ta prospérité.

ELEKTRE

Frère ?

ORESTE

Que me veux-tu?

ELEKTRE

Frappe à la gorge.

Il porte toujours la tête haute : prépare Le couteau : Tu es plus haut que lui, mon bien aimé. Ou bien, au cœur ! Un coup, un coup rapide, Et frappe à fond.

ORESTE

Au cœur et à la gorge.

Non pas un coup, mais deux, — trois, si je peux. Arrive, misérable.

ELEKTRE, chuchote

Frère dépêche-le, s'il parle.

Jette-lui son manteau sur la bouche, fais vite,

Il ne faut pas qu'on entende ses cris.

CHŒUR

Veillez, plus que vingt pas, enfants!

Je l'aperçois sons les arbres, je distingue sa face.

Elle est grise, dans l'ombre comme la route et la poussière.

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