ACTE TROISIEME
Femme ! A moi ! — Ah — Ha —
Aide-moi, Glaïa. Ton voile sur sa bouche. Tiens-le.
ORESTE
Ha, il est mort.
ELEKTRE
Nourrice, traînons-le hors de la porte. — Là! Loin de l'entrée, loin du seuil, misérable ! Loin de la demeure conjugale, souillée par toi. Bouc impiu', adultère pourceau, cuve le vin sanglant Que tu as bu au flanc de notre père.
.(EGISTHE, cri étouffé
Ah ! Hélas — Ha 1 ii meurt.
ORESTE, penché, se l'edresse Cette fois, il est mort.
ELEKTRE
Le plus fort reste à faire.
Silence.
Bruit cleiTière la porte. La voix de Klytemnestre se fait entendre.
KLYTEMNESTRE, du dedans
Glaïa ! Nourrice !
Le chœux" est revenu. Il est près du tombeau.
Elektre et Or este
I à voix basse
Comme Gorgone dans son antre.
Dans la nuit
La face de l'épouvante montre les dents.
L'horreur luit
A travers les ténèbres.
Telle une immense chauve-souris sur les ruines
Ici plane le crime immense,
Une atroce justice
Sur d'atroces délits.
KLYTEMNESTRE, plus près Nourrice ! Plus près encore.
Qui m'appelle ?
ELEKTRE, à demi voix
C'est nous. Viens ! — tes enfants.
KLYTEMNESTRE, sur le seuil
J'entends crier. J'ai entendu des plaintes. Qui est là ? Qui a poussé des cris ? -^gisthe, ^gisthe ! Est-ce toi ? Où es-tu, nourrice ?
Elle paraît, une lampe à la main. Elektre, brusquement, passe derrière sa mère, lui ari^ache la lampe, la donne à Glaïa, et pousse la porte.
Qu'y a-t-il? Que fais-tu? Qui est là ?
Grand ciù. Elle entrevoit Oreste.
Ha!
Qui, est cet homme ? O ! Qui es-tu ?
Elle voit Elektre à sa gauche.