ACTE TROISIEME
ELEKTRE
Regarde-le bien, ma mère.
KLYTEMNESTRE, les nuoins en avant, à Elektre Toi ? Elle recule et crie.
Misérable, Tu veux donc me tuer ? A moi, ^gisthe ! A l'aide !
Elle descend les degi'és. Oresle vient sur elle. Elle court ù lui.
^gislhe, enfin c'est toi ! A moi !
Elle recule pétrifiée. Cii terrible ; puis elle balbutie.
Ha! — Agamemnon I...
ELEKTRE
Non, tu ne rêves pas.
KLYTEMNESTRE, crie épouvantée iEgisthe, iîlgisthe ! Elle veut fuir. Oreste la retient.
ORESTE, voix atone, terrible
Je suis celui qui t'attends.
C'est moi ; ce n'est pas Agamemnon ; c'est ton fils. Ton fils, ma mère : ce n'est pas ton amant, — Oreste, Et non iîlgisthe.
KLYTEMNESTRE
Oreste ? Lui ? Je suis perdue.
Si ^gisthe n'arrive. EUe appelle. A moi, iïlgisthe !
Ne l'appelle plus. J'en ai fait un mort. Il a son compte.
Elektre et Oreste
KLYTEMNESTRE
Au secours ! Une hache ! Oh, une arme...
ORESTE
La hache est dans ma main.
KLYTEMNESTRE
Quoi, personne? personne Ne viendra ? Pas un seul de ces lâches ? A moi !
Oreste la saisit. Il lui met la main sur la bouche. ORESTE
Je ne veux pas que tu cries : depuis longtemps.
Je t'entends crier, chaque nuit : c'est l'heure de te taire.
KLYTEMNESTRE, elle se débat
O misérable.
ORÉSTE
Misérable, tu l'es ; et je le suis.
Oui, misérables tous les deux.
KLYTEMNESTRE
Abominable !
Le silence... la nuit... Et qu'a-t-il dit : C'est l'heure ?...
Bien dit : C'est l'heure : toi-même tu le sais.
KLYTEMNESTRE
Tigre, mangeui' de chair^ ton cœur de fauve...