‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 91 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ORESTE

Non, ce n'est pas la nuit; ce n'est pas le silence. Mon tourment vient de ce que je sais et je pense. Il fait trop clair ici, sous lés étoiles qui voient tout. Tout m'est présent; j'y vois comme en plein jour.

ELEKTRE

Ferme les yeux.

ORESTE

J'y vois encore; j'y vois toujours, et je revois

Ce que j'ai vu. Je ne vois que trop bien, cette nuit.

ELEKTRE

O douleur ! Que faire pour lui ?

ORESTE

Rien. Dis, nourrice...

GLAIA

Que montres-tu du doigt ?

ORESTE

Là, c'était là, dans la maison, Là, où l'étoile luit, c'était sa chambre, n'est-ce pas ?

Où ? quelle chambre ?

Elektre et Oreste

ORESTE

La chambre où je suis né, Dans le lit de ma mère, criant et la faisant crier : Déjà.

ELEKTRE

Infortuné I

ORESTE

La lune a fui dans la demeure.

ELEKTRE

Reviens à toi : la lune encore n'est pas levée. Rien ne brille, là-bas, que la clarté des lampes.

ORESTE

Nourrice.

Va voir ce que j'ai fait : tu l'aurais cru de moi?

Mais moi-même... ll se dresse, avec égarement.

Laisse-moi voir, là-dessous.

ELEKTRE

Quoi, que veux-tu?

Je veux voir le sang.. i)ourquoi te mets-tu devant le sang? Le sang me connaît, va. Nous avons les pieds dans le sang.

ELEKTRE

Nulle souillure n'est sur toi, et c'est à peine Si le meurtre a taché tes doigts.

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