‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 92 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ORESTE

Rien que les doigts, crois-tu?

ELEKTRE

O triste, il délire. Il rit, bref et dur.

ORESTE

Non, je vois.

Court silence.

Ha, Elektre tu ne sais rien.

ELEKTRE

Quoi? ne crie pas.

ORESTE

Regarde à tes pieds ; mais regarde enfin. Sais-tu Ce que c'est ?

ELEKTRE

C'est... Hé bien, c'est —

C'est le même...

ELEKTRE

Ne crie pas.

ORESTE

C'est lui qui crie.

La vue de ce feu mort me brûle : il fume dans la nuit. Oh, elle était jeune encore, elle aurait vécu dix ans.

Il regarde fixement devant lui et frémit.

Blektre et Oreste

ELEKTRE

C'est une idée.

ORESTE, iJetit rire sec

Ils disent toujours que c'est une idée. Une idée ! La mort, est-ce une idée ? et ces mains, Une idée? Est-ce une idée que je sois là, ce soir? Une idée, ce que j'ai fait? Horrible idée, alors. O, puissé-je ne l'avoir jamais eue! Pourtant, Pourtant ce matin, je n'avais pas fait ce qui, ce soir. Est accompli et ne peut se défaire, — fait pour jamais!

* Il se frappe la tête.

ELEKTRE

Accepte donc ce que tu ne peux plus changer.

Une idée ?... Gomment tuer l'idée ?

Il se bat la tête sur les marches.

ELEKTRE, en larmes

Les pierres pleureraient : que faire ?

ORESTE, moiwie

Je voudrais être mort. Mort, profondément mort.

ELEKTRE, irritée

Souhaite plutôt de vivre : la vie est douce

Et glorieuse à prés&nt ; tu règnes : Sois homme, enfin.

Page 1