ACTE TROISIEME
ORESTE
Rien que les doigts, crois-tu?
ELEKTRE
O triste, il délire. Il rit, bref et dur.
ORESTE
Non, je vois.
Court silence.
Ha, Elektre tu ne sais rien.
ELEKTRE
Quoi? ne crie pas.
ORESTE
Regarde à tes pieds ; mais regarde enfin. Sais-tu Ce que c'est ?
ELEKTRE
C'est... Hé bien, c'est —
C'est le même...
ELEKTRE
Ne crie pas.
ORESTE
C'est lui qui crie.
La vue de ce feu mort me brûle : il fume dans la nuit. Oh, elle était jeune encore, elle aurait vécu dix ans.
Il regarde fixement devant lui et frémit.
Blektre et Oreste
ELEKTRE
C'est une idée.
ORESTE, iJetit rire sec
Ils disent toujours que c'est une idée. Une idée ! La mort, est-ce une idée ? et ces mains, Une idée? Est-ce une idée que je sois là, ce soir? Une idée, ce que j'ai fait? Horrible idée, alors. O, puissé-je ne l'avoir jamais eue! Pourtant, Pourtant ce matin, je n'avais pas fait ce qui, ce soir. Est accompli et ne peut se défaire, — fait pour jamais!
* Il se frappe la tête.
ELEKTRE
Accepte donc ce que tu ne peux plus changer.
Une idée ?... Gomment tuer l'idée ?
Il se bat la tête sur les marches.
ELEKTRE, en larmes
Les pierres pleureraient : que faire ?
ORESTE, moiwie
Je voudrais être mort. Mort, profondément mort.
ELEKTRE, irritée
Souhaite plutôt de vivre : la vie est douce
Et glorieuse à prés&nt ; tu règnes : Sois homme, enfin.