‹ La Tragédie de Hamlet. TraductionChapitre 23 sur 32 · PREMIER MATELOT · texte numérisé non relu

PREMIER MATELOT

Ainsi fera-t-il, monsieur, s’il lui plaît. Voici une lettre pour vous, monsieur; elle vient de l'ambassadeur qui faisait route vers l’Angleterre; si vous vous nommez bien Horatio, comme je me le suis laissé dire.

horatio (lisant).

« Horatio, quand tu auras parcouru ces lignes, fais en sorte que ces gens aient accès auprès du roi : ils ont des lettres pour lui. Il n’y avait pas deux jours que nous étions en mer, qu’un pirate, fort bien armé en guerre, nous donna la chasse. Voyant qu’il gagnait sur nous, nous nous armâmes d’une valeur forcée. Au moment de l’abordage, je sautai sur son pont : aussitôt il poussa au large, si bien que seul je devins son prisonnier. Ils m’ont traité en larrons miséricordieux, mais ils savaient bien ce qu’ils faisaient : je suis destiné à leur rendre un grand service. Fais tenir au roi les lettres que j’envoie et viens me trouver avec toute la célérité que tu mettrais à fuir la mort. J’ai à te dire à l’oreille des mots qui te rendront muet et pourtant, ils ne sont que trop faibles pour le calibre du sujet. Ces braves gens t’amèneront là où je suis. Rosencrantz et Guildenstern continuent à voguer vers l’Angleterre : sur leur compte j’ai beaucoup à te dire. Adieu.

Celui que tu sais tien, « Hamlet. »

Allez, je vais frayer un chemin à vos lettres, Et d’autant plus diligemment que vous pouvez Me mener vers celui de qui vous les tenez.

(Ils sortent.)

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