‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 16 sur 50 · AMBASSADE VUS · texte numérisé non relu

AMBASSADE VUS

Que toute la patrie à lamenter s’apreste !

Que ne suis-je chétif au dernier de mes jours !

ÆGÉE

Quoy ! veut-il persister en la guerre tousjours î

AMBASSA DEVHS.

D’vn contraire malheur la guerre terminée,

Il tient notre Cité sous son joug dominée ,

Il accorde la paix, mais sous des pactes tels Qu’on esliroit au pris les combats plus mortels.

ÆGÉE

Je ne vois point de sens en ce douteux langage : Ouure nous plus à plain ton funeste message?

AMBASSA DEVRS.

Humbles d’œil et de voix et ployans les genoux, Nous auous veu ses yeux enflamez de couroux.

Ainsi qu’vne lyonne aux forests de Nemée Decouurant un cheureuil dans l’ombreuse ramée. D’une voix en courroux comme vn foudre eclattant, Auant qu’il soit de nous vn seul mot écoutant :

« Ha! méchants, nous dit-il, exécrables perfides, M’osez-vous poluer de vos yeux homicides? »

A son regard, troublés d’un criminel remords. D’avoir poussé sa race au royaume des morts, Nous ouurons la parole, et, tombez sur la face , Requérons d'vn pardon sa pitoyable grâce,

Luy dépeignons aux yeux le long siégé inclemcnt Qui son peuple et le notre opprime egallement, Conjurons sa pitié, par le renom de juste Qui le rend aujourd’huy par l’univers auguste,

Qu’il luy plaise vne paix en fin nous accorder ,

Et le forfait commis d’vn tribut amander ;

Le prions qu’à son choix il exige un hommage. Helas ! une frayeur m’étouffé le courage.

ÆGÉE

Acheue et nous apprends quel fardeau si pesant, Quel tribut si cruel il nous est imposant.

Page 1