‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 3 sur 50 · L’ORACLE · texte numérisé non relu

L’ORACLE

Ambassadeurs d’Ægée.

ÆGÉE, roy.

Conseiller.

Navtonnier.

Pilote.

THESÉE, fils d’Ægée.

Les Gardes.

Geôlier.

Dædale.

La Trovpe des Captifs.

ARIADNE , 1 PHEDRE, ( i re Fille | 2 e Fille j

filles de Minos.

captiuées.

AV LECTEVR

SALVT.

Amy lecteur, l’ardente affection que j’ay de te donner quelque vtile contentement et vne morale récréation m'a rendu curieux et conuoiteux de recueillir, par tout où ma diligence a eu de l’accez, les plus agréables fruicts poétiques que les vierges bourgeoises du sacré Parnasse ont fait distiller des mieilleuses plumes de leurs nourrissons les plus célébrés et les mieux enthousiasmez de ce temps. La lecture que tu feras de ce poëme dramatique , intitulé Pasiphaé, que je te dedie, te donnera sujet de me remercier de ce que je l'auray exhibé à la yeuë du public. L’argument t’enseignera aussi sommairement ce qui est compris en iceluy. Il est tiré du huictiesme liure des Métamorphosés d'Ouide. Plusieurs estiment que ce poëme est du style de feu Théophile. Vn de ses plus particuliers amys me l’a asseuré, et qu’il le fit au commencement qu’il s'introduisit en cour. J’ay sur son affirmation creu que cela estoit ain>i. Le jugement qu’en ont fait quelques braucs hommes m’a fait résoudre à le diuulguer pour tel, afin qu’il suruesquit son autheur. Soubs les

enueloppes de cette histoire fabuleuse, il y a vne mythologie inslructiue qui mérité d’estre bien méditée et entendue. Pour y paruenir (amy lecteur), prend la peine de feuilleter le cinquiesme chapitre intitulé Pasiphaé du sixiesme liure des Mythologies de Noël des Comptes *. Reçoy de moy cette adresse , jouys franchement du trauail journalier de ma Presse , et de ce petit œuvre, t’asseurant l’auoir fait reuoir par vn amy de defunct Théophile, lequel a corrigé les fautes et obmissions des vers et sillabes qui y manquoient , ayant esté la première fois faite sur vn vieil manuscript mal dressé , n’ayant pourtant laissé les autres imprimeurs, tant de Paris , Rouën qu’ailleurs , de le faire imprimer auec vn nombre infiny de fautes :

c’est pourquoy tu prendras ce contentement de le voir en celte derniere édition en meilleur ordre, ayant tousjours désir de poursuiure des ouvrages exquis qui te delecteront et profiteront. Adieu.

* Il s’agit de l’ouvrage de Natalis dei Conti , italien de la première moitié du XV le siècle. Cette Mythologie , tout à fait surannée et sans utilité , eut un succès de vogue, et les éditions s’en succédèrent pendant plus de cent ans.

lO N • • '

Par le S' THEOPHILE

Page 1