‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 46 sur 50 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Je songeois que Philis, des Enfers revenue, Belle comme elle estoit, à la clarté du jour, Vouloit que son phantosme encore fist l’amour, Et que comme Ixion j’embrassasse une nue.

Son ombre dans mon lit se glissa toute nue,

Et me dit : « Cher Thyrsis , me voicy de retour : Je n’ay fait qu’embellir en ce triste séjour Où, depuis ton départ, le sort m’a retenue.

APPENDICE

Je viens pour rebaiser le plus beau des amans ,

Je viens pour remourir dans tes embrassemens. » Alors que cette idole eut abusé ma flamme ,

Elle me dit : « Adieu, je m’en vay chez les morts; Comme tu t’es vanté d’-avoir baisé mon corps ,

Tu te pourras vanter d’avoir baisé mon âme. »

Second, livre des Délices de la poésie française, 1620, in-8°, p. 349. Ce sonnet est reproduit dans la Quintessence satyrique, p. 206-207, avec une variante obscène aux deux derniers vers.

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