MARTJAN ET SAINTE AGNÈS
Martian.
C'est par trop enduré, je ne puis plus attendre , Je suis demy bruslé , je suis réduit en cendre Par les fiâmes d'amour que ni'élancent les yeux De la parfaite Agnès, beau chef-d'œuvre des deux. Son père, bon vieillard, sous qui le vice tremble , A fait promesse au mien de nous conjoindre ensemble; Mais il tarde beaucoup à l'exécution , Ce qui fait augmenter tant plus ma passion, Comme l'on void la soif cstre plus violente. Si l'on dilaye trop à la rendre contente. Las! qu'il me fait bien voir qu'il n'a gueres senty Les traits de l'archerot dont rien n'est garanty, Et qu'il ne sçait non plus qu'une trop longue attente, D'un bien fort désiré nous fasche et nous tourmente. Et qu'un petit moment nous dure autant qu'un mois , Un mois autant qu'un an, un an autant que trois.