ACTE V. III
Révoquez la sentence encontre elle donnée, Ft faites qu'elle soit chez elle ramenée!
Simphronie.
faurois bien grand désir d'incliner à vos vœux , Car comme vous je suis de son bien désireux; Mais certes , mes amis , il ne m'est pas possible , D'autant que l'empereur est trop inaccessible. S'il faloit qu'il le sceut, je serais déposé De mon gouvernement comme ayant trop osé.
Le Peuple.
Puis doncques qu'Atropos de si prés la menace , Pour ne la voir finir, partons de ceste place.
Simphronie.
De cent mille regrets je me sens affliger
Que ceste pauvre fille il me faille juger ;
Mais je ne puis que faire. 0 fiere destinée !
Las! il faut qu'elle soit malgré moy condamnée.
Si j'arois le pouvoir comme la volonté ,
Elle ne mourroit pas! 0 quelle cruauté!
0 barbare rigueur, ô fiere tyrannie !
Maintenant la pitié des hommes est bannie;
Ils n'ont plus rien de doux, mais, vrais antropofages,
Ils ne respirent plus que meurtres et carnages.
Las ! que j'ay de pitié ! Non, je ne sçaurois pas
Condamner ceste fille au funeste trcspas.
112 SAINTK AGNÈS.
Seulement y pensant , las ! je tombe en extase ! Je m'en ray la livrer an lientenant Aspasc.
Maitian.
Père, que faites-vous i' Hclas ! non , demeurez. Si vous faites cela, dedans peu vous mourrez. Le grand Dieu Jésus Christ, son espoux légitime, D'un esc Lu foudroyant punira vostre crime.
Simphronie.
Allons doncques, mon fus, penser (juelcjae moyen Pour tirer de prison c este fille de bien.
Martian.
Pour Dieu, je vous en prie à genoux, à mains jointes, Car je suis traversé de mille et mille pointes Quand je viens à penser aux spectres furieux Qui tourmentent là bas les hommes impieux. 0 Dieu, père de tous, grand monarque céleste! Las! ne m'envoyez plus en ce lieu si funeste !