‹ La tragédie de sainte AgnèsChapitre 65 sur 65 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Voicy que ce brasier s'élance dessus eux,

Et, quoy que l'on essaye afin de les défendre,

Aux yeux des spectateurs Us sont réduits en cendre.

Ce miracle si grand, de chacun admiré.

N'a pas ce fier tyran de son mal retiré;

Au contraire, plustost sa rage envenimée

S'en est encore plus ardamment allumée.

Il jure contre Dieu, le menace et se plaint

Que l'orage du ciel a son buscher estaint,

Mais qu'il n'a rien gagné, car, malgré qu'il en aye,

Ccste fille mourra d'une cruelle playe.

Cela dit, il commande à l'infâme bourreau

Qu'il luy couppe la gorge avecques son couteau;

Ce qu'oyant vostre fille, à terre elle s'incline

Et recommande a Dieu sa belle ame divine.

Ainsi, voila comment ses jours sont terminez,

N'estant que de treize ans encor acheminez.

Son corps est là gisant sur la terre poudreuse :

Allez l'enseveUr dans une fosse ombreuse.

Le Père.

Le grand Dieu soit loiié ! le grand Dieu soit beny. Lequel nous a monstre son amour infiny. Nous envoyant son fils pour nostre délivrance. Lequel a voulu mettre Agnès en asseurance. Or sus, allons, m'amie, ensevelir son corps. Qui, tout couvert de sang, est encores dehors.

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