‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 11 sur 114 · PREMIERE PARTIE BOURGEOIS ET BOURGEOISES, aux fenêtres · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE BOURGEOIS ET BOURGEOISES, aux fenêtres

Quel tintamarre ils font par là ! —Quoi! qu'esl-

cc qui se passe? — An secours! ■ — Ce doit être un assassinat! — Non! une querelle de gens saouls! — Ile là! allez-vous vous taire? — Us nous empêchent de dormir! — Ce sont des ivrognes. — Donnons-leur à boire. — En voilà un charivari! Et à cette heure, quel scandale !

(<>n jette des pot» d'urine sur la foule. Des gen» crient : -« Cochons: vous allez voir ça! » On ferme vivement les croiséegroupe de3 gens se battant est entraîné encore plus avant dans la rue. On entend ilr- exclamations, des rameurs vagues :

Nom de Diou ! lin', haï! Hélas!... ■ Le bruit se perd dans la ruelle du f

C'est pendant cette scène que le Christ entre avec Martial et Zachariao, -es compagnons. Ils viennent par la gauche en causant. Il- -ont vêtus comme les cnemineaux des grandes route-. Il- parai— ont las. IIaperçoivent la foule qui se bat; il» -arrêtent surpris d'abord <'t un peu inquiets, puis poursuivent leur chemin sans interrompre leur entretien el vont vers l'endroit de la place où se trouvent les tables d tées.

Personne ne les voil arriver, sauf le e abaretier. qui I.-- inspecte, - in- en avoir l'air, «l'un œil soupçonneux.

LE CHRIST en savançant doucement.

Oui. Zacharian, lu as raison, n. »u» sommes

leurs ennemis à eux tous, comme la logique est contraire à la fausse pensée... Et tendus contre eux par la force de la raison, ils nous sentent disposés à les détruire, c'est-à dire à les réformer, et ils nous craignent... Ils nous haïssent d'instinct, sans doute... Ne leur sommes-nous pas opposés comme la sagesse?... Ne considèrent-ils pas en nous la justice posée devant eux avec l'implacable évidence d'une chose réelle? Hélas! ce sont eux qu'il faut plaindre, les malheureux!...

ZACHAR1AN

Seigneur, quelle misère est la nôtre, à nous qui ne sommes rassemblés que par l'amour, et qui ne rencontrons partout que de la haine!...

LE CHRIST l'air souriant.

Sans doute, sans doute, mais cependant soyez tranquilles... car le monde ne peut vivre longtemps dans le désordre... Les hommes viendront à nous un'jour... Certes, maintenant, ils forment le poids lourd, mais je les remuerai malgré leur masse... Il y a quelque chose en eux qui aspire aux saintes harmonies de la passion... Et, après tout, sont-ils plus énormes que l'éther qui roule sur moi, que je porte sans difficulté, et qu'à chacun de mes mouvements, je fais bouger d'un bout à

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