‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 41 sur 114 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

qu'ils ont épargne leurs deniers et leur- écusl... ( l'est pour Loire tout le long de leur voyag pour faire les farauds avec leurs femni< pour godailler à leur aise de L'aube au soir... pour rouler leurs fronts pesants dans la saoulerie !...

Il Fait un t:e-te de menace dans la direction delà Ville. L'aveugle, qui écoute, semble approuver de la tête. Tout à coup la femme estropiée signale de nouveaux arriva

LA FEMME ESTROPIÉE

Ah ! Ixui Dieu <!<> l>on Dieu ! en voici d'autres Eh bien, ils tombent Lien véritablement!...

Le manchot -erre les poings sans rien

dire. L'aveugle ricane d'un air sinistre. Entrent le Christ, Marie et les compagnons. Il- s'arrêtent à rentrée du carrefour, loin des mendiant- qni sont de l'autre côté, et qui le- épient connue prêts à bondir sur eux.}

LE CHRIST d un ton de lassistude, continuant une conversation.

Non. je ne me rendrai pas avec vous à la fête, car qu'irais-je y faire à présent?... Parcette journée d'été aride el rouge, je préfère rester sur ce tertre d'où l'on aperçoit la Ville tout entière... Je désire méditer seul... Et vous, pendant ce temps, allez, je vous envoie ô mes chers compagnons...

Que la justice réglemente vos actions, comme un maître donne des ordres, toujours compris, à des serviteurs capables de les suivre... Je vous attendrai sans angoisse, n'est-ce pas?... Je vous demande de me rendre compte seulement de l'état des esprits qui sont là-bas... J'ai confiance en vous, mes petits. . . Vous êtes la spirale que j'ai engendrée en me mouvant sur moi-même, et dont le point de départ ne peut être ailleurs qu'en moi...

LA FOUILLE

0 Seigneur, ne doutez jamais de notre amour... Tout ce que nous faisons, c'est d'après vous..,

MARTIAL

Nous nous sommes associés à vous comme des matières que réunissent des affinités semblables...

ZACHARIAN

Oui, oui, cela est bien vrai... que sommes-nous en dehors de toi? Est-ce que nous ne sommes pas dociles à tes désirs?....

LE FOSSOYEUR

Tu es notre premier mouvement, et son motif, et l'origine de sa raison... Aussi, sois donc tranquille, ô mon bon maître...

TIIOIS I CM K PARTIE 103

LE CHRIST

Vous m'êtes attachés, je le sais, mes bienaimés... Souvenez-vous que c'est on mon être invisible que vous avez j>ri» aaissance... Car il

fan! revenir souvent à la cause avant d'établir les effets et de déterminer l«i- résultats. Faites donc ain^i... Et dans ce cas, je n'aurai qu'à vous approuver quoi qu'il arrive... Méfiez- vous de vousmême, j<i vous le dis... El aujourd'hui plus encore qu'eu n'importe quel temps, car je sens qu'il va se passer des choses 1res grandes... Use tourne vers la ville., 0 ville, je ne vais pas v.ts toi. mai* je t'envoie des hommes armés pour te combattre... car nous ne nous convenons pa-, et il faut que l'un (!<• uous deux soit diminué... Qui -era-ce, toi ou moi? Lequel de l'un ou bien de l'autre sera vaincu?... Tu agiras par la violence, et moi j'aurai raison de t<»i par la justice '....

Les mendiants, qui. trop loin pour entendre cette conversation, en ont suivi le< périodes ivec une impatience furien précipitant a la fin ver- les compagnons — L'aveugle tai-méme traîné par la femme e>tropiée — et. avec des mines écumantes, le- interpellent

LA FEMME ESTROPIÉE avec une grande riolence.

Holà! les hommes.,, donnez-nous «le l'argent...

LES COMPAGNONS, ils se retournent, stupéfaits. Hé bien ! . .. Hé bien ! . . .

LE MANCHOT

Bougre de nom de Dieu ! c'en est assez!...

L'AVEUGLE

Oui, n'ayant attendri personne, jusqu'à présent...

LA FEMME ESTROPIÉE

Dénués de tout comme nous sommes, infirmes, et traînant le poids corrompu d'une portion de notre corps, néanmoins nous n'avons pas peur... et ni d'autres, ni de vous, nous ne redoutons rien... quoique vous paraissiez de solides hommes, aidés encore par surcroît de vos bâtons au bout épineux et aigu ! . . .

(En présence de celte avalanche de cris, d'injonctions et d'apostrophes, la troupe des compagnons semble d'abord excitée à la colère, mais, la placidité du Christ réfrène ce premier mouvement. Bientôt, tandis qu'augmente la violence des mendiants, l'irritation de Marie, de Zacharian et des autres s'atténue et se change en une sorte de pitié bourrue.)

MARTIAL

Eh là! qu'est-ce qui vous prend, dites donc?...

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