‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 46 sur 114 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

LE CHRIST faisant allusion aux paysan».

Oui. sans doute! ils m'ont injurié, et vous nous!... Ils vont néanmoins à la Ville avec Le désir d'honorer ce qu'ils outragent î... Hélas ! comprenez-les, mes bien-aimés... [Is nous repoussent parce qu'ils ignorent la vérité, ils ne demandent qu'à la connaître, ils ne cherchent qu'à la découvrirai ils l'accepteront toujours avec joie!... Ils ne nous sont hostiles que parce qu'ils n<i savent pas!... C'est leur ignorance bourrée de chardons qui braille après dous et qui court sur nous !...

et une p rase, b te, la relève, se tourne du côté île

la Ville afin de la considérer et regarde en-uite fixemenl ses

compagnons.) Allons, voici l'heure à présent, et il va vous falloir quitter ce lieu... Le soleil se tient au centre de l'espace, et de la jette ses feux terribles sur la partie de l'univers où non- nous trouvons maintenant... Lorsqu'il fera nuit, revenez, vous me rencontrerez à la même place... Va, toi, Marie, accompagne-les, car je préfère rester seul... Tu veilleras un peu sur eux, <le peur qu'ils n'agissent pas comme il faudrait...

• ix devient grave, Bilieuse.) Adieu, et à ee soir, mes

bien-aim

LES COMP IGNOR - - - d .liant.

A. lieu, ayez confiance en nous

120 LA TRAGÉDIE DU NOUVEAU CHRIST LA POUILLE prend la main du Christ et la baise.

0 mon bon bon maître !

(Ils s'en vont et font un geste aux mendiants qui se sont écartés pendant le dialogue et sont allés reprendre leur place le long de la route. On voit disparaître Marie et ses compagnons dont la démarche et l'expression grave sont presque tragiques et semblent composées et déterminées par le pressentiment d'une catastrophe. Le Christ les considère d'un regard triste, il se tait, puis il s'achemine vers le fond du plateau, de manière à voir la Ville de plus près, et comme face à face.)

LE CHRIST contemplant la Ville et dans un mouvement tragique.

0 désolation mystérieuse ! . . . ô sainte douleur ! . . . Oui, de m'offrir à vous, ô vous que j'ignore, ô ensemble infini des choses que l'éclat de l'esprit rend seul visibles, je conçois aujourd'hui toute l'amertume !... Quelle responsabilité ai-je dans l'univers! combien j'en éprouve le poids, et jusqu'à quel point elle me pèse maintenant !... Oh ! j'ai présenté bien des fois ma lourde poitrine, tour à tour, à la pierre écarlate du midi et au trait perçant de la lune qui brille là-haut, mais jamais encore avec cette violence je n'ai senti d'une telle manière et aussi formidablement la force du nonde m'environner et me frapper !... Où vais-je

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