‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 45 sur 114 · LES MENDIANTS ET LES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

LES MENDIANTS ET LES COMPAGNONS

Incarnations de la sottisej — [Stupidités ayant forme d'homme !..

LES PAYSANS Lançant [des pierres*

Aboyeurs de route ! — vagabonds! — < )n sait ce

que VOUS valez !...

LES MENhi an PS ET LES COMPAGNONS

Veulent-ils que nous les éborgnions?... — Le

vil troupeau ! — Ah ! qu'il se dérobe en fuyant de toutes ses forces ! — Sinon on va casser leurs têtes comme des terrines pleines de sang !

(Ils prennent des pierres et les jettent contre les paysans qui se sauvent en tumulte par la route en pente vers la ville. Ils les poursuivent à coups de bâtons et en les outrageant. On entend une rumeur vague dans le chemin. Le Christ reste un moment seul avec Marie. Il lui montre la troupe qui se bat et vocifère.)

LE CHRIST il désigne les compagnons à Marie.

Eux aussi, ils sont impétueux!... Considèreles !... Ils ne sont bons qu'un instant! Ils retombent plus vite qu'ils ne croient vers les réalités les plus obscures!... L'amour ne les possède pas, la haine constamment s'empare d'eux et les fait mouvoir à son gré, ainsi qu'une roue...

(Marie sourit tristement. Des pierres traversent l'air, jetées par les paysans et par les autres. Des voix s'interpellent. Tout à coup les paysans s'échappent. Et, de loin on entend l'un d'eux crier vers le Christ: «Allons, le Chribt, descends donc de ton Golgotha pour voir un peu!...» tandis quun grand éclat de rire„ résonne au loin. Puis les compagnons et les mendiants reviennent les uns d'un pas solide, les autres clopinant, en tâtonnant ou avec difficulté. Le Christ les accueille avec un air d'indulgent reproche.)

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