‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 70 sur 114 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

vous-mêmes immobiles, ef en contradiction la vie... quoi, vais-je reculer devant vous? i;i pour quelle cause?... Commenl pourrais-je vous redouter, vous qui n'êtes rien?... Serait-il possible que je fuie de devant vous, que je force mon âme à se taire!... ou que je revienne en arrière en ce moment?... Non. je ne resterai pas inerte quand la baine s'empare de mou corps avec la puissance invincible d'un.' mécanique!..,

i. ARCHEVÊQUE dédaigneux, de loin, prêt à partir. Le Seigneur, l'a dit, mes chers Frères ei mes chères sœurs... Que celui par <[ui arrive le -caudale en devienne à son tour l'objet... Que l'ivraie mauvaise soil coupée et l'épi stérile détourné de

la bonne gerbe... Il fait an geste, et les chantres se remettent en marche, le cortège -'«-branle et cherche à sortir de la place. L'archevêque, d'une dernière parole, absout le peuple. Soyez bénis!...

L V FOULE se ruant tout à coup.

A mort les compagnons!... A mort! A mort!... LES COMPAGNONS but Le défensh

Venez-y donc!... Tas de coquins!... plèbe imbécile!...

LE POSSOYEB R a l'archevêque qui sort en I de le procession.

Oui, tu as raison, vieille charogne! arrière!

arrière!... Cadavre qui déjà ne marches plus que parce que les vers poussent sans cesse ta pourriture!... Je jette sur toi toute ma colère comme de la terre sur un corps mort... Puisse-tu disparaître tout entier, être englouti!... (En ce moment il est frappé, chassé, bousculé par la foule.) Ho ! Ho ! les lâches!... vile populace!... Peste odieuse attachée au flanc du monde!... Ah! malheur à vous tous! malheur à vous!...

(Les compagnons sont acculés sur la droite, ils se battent, la foule les meurtrit à coups de canne et de poing, ils fuient vers la rue adjacente entourés par le peuple brutal, furieux. Pendant ce temps la procession s'est ébranlée et le long cortège conduit par les chantres commence à quitter la place. Les gamins rient et crient : à mort! plus fort que les autres. C'est un charivari incroyable. On entend au loin quelques voix de marchands : « Lilas!

lilas!... fruits!... fruits!... artichauts!... » Les chantres, qui s'en vont, s'apprêtent à chanter.)

LA FOULE

A mort ! à mort !...

LES CHANTRES sortant par la rue de gauche.

Salvum fac populum tnum, Domine : et benedic hœreditati tuœ... Et rege eos, et extolle illos iisque in œternum... Per singiàos dies benedicimus te...

QUAI Il IL" ML PARI IE

/:/ laudamus nomen Utum in seculum : et in sa ><lui n seculi...

[.■ 3 différentes roia d-- la procession répètent : salvum fac ]><>j>>i/i/,h tuu . Domine, etc., perdent petit à petit à mesure <|ue le cortège s'éloigne da: rues avoisinantes. La fonle acharnée à la poursuit-- des compagn à rentrée de la rue du fond, vers la droite. Elle bouge. On voit des bra- tendus, des

;res écumantes, des bouches vocif' trice ent à pu

comme s'ils étaient près de la place; appels à la vie se font plu mts:

plus répétés : / 0 . Va-

lences fines

LES OUVRIÈRES aux Fenêtres, criant, Tegardanl li querelle.

Ah! sont-ils farces! sont-ils drôles!...

Elles se tordent de rire, et manifestent par des gestes les impressions que leur font les diver-es péripéties de la rixe dont on ne v.dt pas les détails. Cependant le peuple revient, afflue en grande partie sur la place. Des h' .ur^r ■■ i- épais nt le

front, des femmi - - es dallent joyeusement, montrent leurs habits d

. un s.d.iat B'enorgueillif d'i voir reçu un coup de batoa sur la face, et on prêtre d «'ii avoir d ,mie. Kt dm- c nouie on voit aller et \enir. effaré, le caba relier.

\<»t\ DANS i A FOULE rerenant sur la scène.

lia ! Ha! c'esl fait!

UN BOURGEOIS triomphant.

Hein ! ça n'a pas beaucoup traîné !...

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