‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 78 sur 114 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

cet endroit1.... On ne connaît pas le plaisir, on reste inerte, on ne peut pas bouger, on souffre... on a froid et on se lamente, transi, par lerre... On ne mange que des fruits pourris, du pain amer.., On a le fossé pour s'étendre lorsqu'on est las

PREMIER VILLAGEOIS tandis que les antre- -en vont.

Veux4u que je te dise la vérité?.. Eh bien! tu nou^ fatigues l'esprit avec tes plaintes...

LA PEMME ESTROPIÉE bondissant rers eozi

Ah! c'est comme ça!... La Ville vous a pris votre argent, mais votre impitoyable stupidité,

votre ;i\;irice, toute- vos tares, elle ne VOUS le- a pas ôtées... Mlle a opéré sur vous comme une drague qui filtre le flot des bas fonds, qui laisse la hune ri retient au passage ce qui est lourd...

LES VILLAGEOIS reviennent snr leur- pas et la battent.

Comment! — (le sont là tes manières! Apprends à vivre !...

LA I- i.MM i: ESTR0P1 ! I mt, meurtrie.

oh!... Haï!... lié là! retirez-vous!... Unîtes

<pie vous êtes !...

la l&chenl : la femme

pu ; - en feignant : les villa-

geois la regardent, puis en riant ils s'en vont. Les mendiants, d'abord interdits, fout mine, lorsque les autres sont déjà loin, de les poursuivre. Ils se dirigent tous en courant, en glapissant, vers la route de droite ; on les distingue à l'entrée, ils agitent les bras, et vocifèrent.)

LES MENDIANTS tous ensemble, sur le chemin.

Que la peste épuise et dévore vos membres ! — Malotrus ! — Hâtez-vous de disparaître ! — Que l'ombre engloutisse vos formes sans esprit ! — Marauds ! — Misérables ! — Vieux coquins ! — Fichus voleurs !...

(A mesure que s'éloignent les villageois, eux s'enfoncent sans cesse plus avant sur la route, si bien qu'on ne les voit bientôt plus et que leurs voix diminuent petit à petit.

Par le côté opposé entrent pendant ce temps, terribles, hagards, inquiets, à tâtons hérissés, Martial, Élie le fossoyeur, Zacharian et Marie la Pouille. Ils semblent fuir et craindre qu'on les suive. Ils regardent de temps à autre vers la route, comme anxieux. Ils cherchent le Christ.

Le Christ, qui guette leur arrivée, les aperçoit et s'élance aussitôt à leur rencontre en poussant un cri prolongé.)

LE CHRIST les saisissant l'un après l'autre avec émotion.

Ah! Zacharian!... Élie!... Et toi Marie!... Martial ! . . . Que vous paraissez singuliers ! ... Et lamen-

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