Cf. Sih. de Pans, □- 19S, p. 6i
G avril; un liaiitenant à un dépnli, 71 17Q3 [MoA. du 9) ; Lei{uiuia, S^
LA. TBAIIISON
S ceux que Dumouriez croyait fidèles à sa personne, hlais La Marlière écrit au député Bellegorde qu'il ne Veut e point varier u ni « livrer à l'ennemi la fronlière- •Gl de braves gens'
Dumouriez comptait encore sur les troupes de Bruille. ^ais à la même heure où l'arUllerie l'abandonnait, apprenait que Rosières, Kermorvan, Davaine, avaient levé leur camp pendant la nuit. Le 4 avril Rosières n «iail, de son quartier-général de Forèl, auï commissaires de la Convention que presque tous ses chefs de corps, avaient résolu de se rendre à Valencienues. a Respect à 3a Joi, ajoutait-il, mourir pour la liberlé, l'égalité et la Bépublique, c'est ma profession de foi *.
Eu vain, Dumouriez lenlait de rallier les régiments de. ligne qu'il rencontrait, a Les volontaires et les canonniers veulent, quitier le camp, leur disail-il, retenez-les, forcez-les à faire cause commune avec vous. • On lui r pondit que les troupes de ligne ne combatlraient jamais.,! leurs camarades et leurs compatriotes '.
Le jour s'écoulail. Le général n'avait plus avec lui que deux escadrons de Bercliiny, un escadron des hussards de Saxe, un autre escadron des hussards de Bourbon, et HO cuirassiers. Il se dirigea sur Rumegies, le dernier village de la frontière française. De là, il envoyait ordre sur ordre pour faire venir ses équipages el surtout ii trésor de l'arraée qui contenait un million en numéraire. ..Ce trésor élail à Fresaes, sous la garde d'un balaillon
1 LaMBrliÈreà Belleporde, NiïeKes, H bviiM793 (A. G.).
» Rosières aux rooiniiBSBires, i avril 1793 [i. G.]. Davaiae raeonl*,. BÏDfii cet épisode dBDs un mëmolre justiûcalir: ■ Dumouriez nous avait' mis dans ce camp coiame dans une boîle. et netro diïpart U nuit n'a
à déteroiiaeT la levée du camp de Maulda
de CoLourg. Ternauï, VI. 532.
230 LA IBAHISON DE DOMOUBIEZ
de chasseurs commande par le colonel Segond, ç mouriez avait nommé m a ré chai- de -camp. I diers dui?" régiment, ci-devanl Lorraine, s'e malgré les efforts de Segond et le menèrent à ' cieones. A cette nouvelle, le eommissaire-ordom Soliva entraîne les dragons de Bourbon, court t convoi, le reprend presque sur le glacis de la vLIIgJ mène â Fresnes el le confie de rechef à SegondI ce dernier, au lieu d'aller à Tournai où l'appelle not, juge plus sûr de se rendre à Gondé, près t camarade Neuilly, et pour mettre le précieux i l'abri de nouvelles tentatives, il fait semblant^ sauver; il écrit aux commissaires de la Convenlîoi redoute l'engorgement qui s'est produit sur la r Taleuciennea, qu'il a donc pris le chemin de C les dragons de Bourbon escortent ie trésor et li dront en France intact ». Segond ignorait que Neoj Langlois qui commandaient à Condé, s'étaient ] du moins en apparence, à la Convention. NéuiHyï livrer le trésor à Dumouriez et Langlois se hâta des voyer à "Valenciennes '.
« Vive la République I écrivait Lequinio dans Ii du S avril, nous avons éprouvé cinqjours et quati de chagrins et de fatigues continuelles. Mais l'a: séparée des traîtres, presque tout nous arrive. la pièce finie el il ne nous reste plus qu'à remonta effets de campement et à mettre de l'ordre d cette armée débandée et qui atûue ici par détachffl! les uns sur les autres, n
Dumouriez comprit que s'il restait à Bume^
LA TilAHISON' VIIM
irait, lot ou lard, au pouvoir des troupes qui le dé- Pouaienl et le répudiaient. Il franchit la frontiùre. (retendait avoir avec lui plusieurs corps de cavalerie quelçue infanterie ; mais il enflait à dessein le nombre de ses parlisaus. nés la fin d'avril, près de ISO hussards l'abandonnaieut, et lorsque le 12 mai, le commissaire des guerres autrichien PflfTer passa la revue des troupes que le général Ruault commandait an. camp de Leuze, il constata que Dumourîez n'avait aous ses ordres que 458 hommes d'iofaulerie, 215cliasseurs à cheval et dragons de Bourbon, 909 hussards et cuirassiers. Le tiers des fantassins n'avait ni fusil ni giberne, et la cavalerie manquait des objets les plus nécessaires d'habillement et d'équipement'.
Trois lieutenanls-généraus. Valence, Marassé, le duc de Chartres ; huit maréchaux-de-camp, Vouillers, Dumas de Saint-Marcel, Euault, de Bannes, Berneron, Nfluilly, Segoud, Jacques Thouvenot; un colonel. Pierre Thouvenot; deux commissaires des guerres. Saliva' et Beauvallon ; le médecin en chef Menuret, les demoiselles FernJg, avaient suivi la fortune de Dumouriez. La plupart de ces hommes que les campagnes de l'Argonne et de Belgique avaient mis en lumière, ne jouèrent plus aucun rôle. Valence fut sénateur de l'Empire et pair de la Restauration. Le duc de Chartres devint roi des Fran— , çais. Mais Marassé, Vouillers, Ruault, de Bannes, Berna^ ron, Neuilly, Segond, disparurent de l'histoire. Dumal de Saint-Marcel commanda la légion de Bourbon à l'avanb^ garde de Clerfayt, puis, sur les conseils de son f alla vivre à Temeswar, et de retour en France, grâce &
» Tetnaoï. VI, 548-3i9.
» Dumouriez lo juKesil ■ très inLelligent el IrÈs aclit • [à Vnleno* 26 0C1. 1792, A. G.I.
Î33 LA TRAHISON DE DUiîOUBÎEZ
r Moreau, devinl iuspecteur-géoOral des douanes; il prit'
' sa retraite, après avoir détendu Maubeuge contre 1*5}
f alliés, et le gouvernement de la Restauration, loi comp-i
[ lant ses quatre années de service dans l'armée autrir
chienne, lui donna le grade honorifique de lieutenaalgénôral'. Les deux Tliouveuol se retirèrent à Neuwied où, sous le nom de Micque, ils établirent uue fabriqut de papiers peints, mais ils durent s'enfuir dans le Brunswick ; Jacques, le confident de Dumouriez, mourut ignoré ; Pierre reprit du service et devint géuéral d6 division et baron de l'Empire*.
La destinée la plus agitée, la plus curieuse, fut celle. de Dumouriez. c L'opinion l'a tué lorsqu'il a quitte la France, écrivait Rivarol, dites-lui donc de faire le mort, c'est le seul rôle qui lui convienne. ' Mais Dumourio ne voulait pas rentrer dans le néant. Il courut l'Europe; il forgea des plans pour le compte de la coalition ; il toucha deux pensions, l'une de l'Augleterre, l'autre de l'Au- 1 triche ; « il finissait comme il avait commence, en conspi- ' râleur nomade ', » Toutefois, sous son é tourderie el ses aiia de légèreté, il cachait beaucoup de tînesse et de bon sens. Dumouriez, né pour la négociation et pour la guerre, à | la fois diplomate et général, eut de très grands mérites. Diplomate, il comprit que la France devait détacher la] Prusse de la coalition. Général, il comprit que dans un i temps de Révolution on ne pouvait bien manier et mener ' le soldat fracçais qu'en laissant l'essor à la fougue da! caractère natjoual. Il ne fit que malgré lui la guerre, défensive et méthodique, qu'il nommait la plus difâdlï
' Mathieu Dumas, Souvenirs, II, 471; III, 05, 187. BSi. ' lileiblreu, Nemaici, p. 23 ; cf. Jemappts, p. 81-82 el 112. ' A. Sorel, Eetun des Deua-Moadii. IS boOi 1884, cf. Temaux, TUi S85-00- ; BoguslBwski, II, 280-3ÛZ ; Yalmy, 19-23. ^
de toutes* ; il n'aspirait qu'à Toffensive et il la prit toujours ; il savait que le Français doit aller de l'avant, marcher devant soi et conquérir. « Garnot, dit-il avec raison dans ses Mémoires, est le créateur du nouvel art militaire que Dumouriez n*a eu que le temps d'esquisser et que Bonaparte a perfectionné. »
1 Dumouriez à Le Brun, 29 avril 1792 (A. E.).