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CHAPITRE IV

Tenanciers de « beuglants » ou * Marchands d'eau chaude »

Le tenancier et son influence, — Sa moralité. — Un tenancier qui a des remords. — Il ne faut pas de véritables artistes. -™ Où l’on met des chanteuses en loterie. — Lettre à M. Nazie re. — Les juives, chanteuses de beuglants* — Supplique d'une mère. — Lettres d'artistes. — Maisons closes et maisons ouvertes. — Les artistes outrageusement exploitées. — La Corse, terreur des artistes. — Le Midi.

Le père des lois romaines : le tyran Justinien, quoique epoux de Théo dora — comédienne et vile prostituée — infligeait, par la Novell© 14 De lenonibm 7 la peine de mort à ceux qui entretenaient en leur maison dee femmes esclaves pour en faire un honteux trafic.

En 1906, en France, le tenancier qui, malgré elles, et à Taide de promesses fallacieuses, précipite dans la prostitution clandestine de malheureuses chanteuses ou de pauvres petites vierges, reste un citoyen considéré. Quelquefois même il règne, en province, et est alors à ce point puissant que, dans le Midi, à À..., par exemple — ainsi que Ton a pu le voir— c’est dans son établissement que se manigancent les élections municipales, législatives et sénatoriales. C'est encore chez lui que Ton festoie dans les grandes occasions ;

7g LA TRAITE DES CHANTEUSES

n’offrait-il pas, la soir de Noël dernier un banquet de soixante couverts à ces Messieurs de la préfecture,

de la mairie et du barreau î ,

Voulez-vous plus fort? ...Il y a quelques années, un tenancier est condamné à quelques mois de prison pour excitation de mineures à la débauche ; iun mmistre portant nn nom connu écrit personnellement au parquet de la eour pour obtenir un sursis a lexecution de la peine, afin de permettre a cet individu de pren

dre la direction d’un casino aux à., t ■)

Ainsi, pour une fois que la justice se trouvait obligée de sévir vis-à-vis d’un tenancier, celm-ei avait le po voir de faire jouer de puissantes protégions et d mtéresser à sa cause un ministre très connu, lequel lui obtenait de suite un sursis afin que le triste ludnmu nuis se aller exercer son industrie sur une plus gian • échelle au Casino des S..., plage de l’ouest fort recommandée aux familles, à cause du bon ton qui y régné et de l’excellence de ses fréquentations...

N’est- il pas délicieux, ce ministre?...

Il est vrai que, par suite de la consommation effi

d’Exeellénees ,» ïT”'rno

arrive que l’on tombe sur des individus dont la mo

ra lité devrait, préalablement, être 1 objet dune enquête.

Les rejetons de nos Excellences marchent du reste, T.ÙÏÏ honorables brisées : le fila de IV» d elles ( ') emplit la ville de L... de ses exploits...

Ce ne sont que festins sous plafonds d’astragales.

EUe champagne coule au concert M.,., vous pouvez

m 7 en croire.

TENANCIERS DE £C BEUGLANTS

Les fonctionnaires de l'endroit sont pleins de déférence pour ce jeune débordant... il peut y aller de leur avenir !... Aussi les autorités ferment-elles indulgentment les yeux*

* Pic

Certes, il faut en convenir, si répugnant que soit l’agent lyrique, ce serait peut-être lui faire injure que de le comparer au tenancier de beuglant. À Péchelle de l'ignoble, il faut un échelon final, et le tenancier de beuglant semble tenir jalousement cette place, parce qu’il n'hésite pas à laisser entrer en jeu, dans son... genre de commerce, la plus basse hypocrisie et la mauvaise foi la plus complète. Autrement supérieur lui est aussi le tenancier de maison close, lequel, paraîtil {?), exerce un métier utilement social, puisque, après saint Augustin, le roi saint Louis reconnut que, dans T intérêt même de la sécurité des honnêtes familles, une part devait être faite au mal, et qu'une certaine tolérance devait être accordée à une passion que les volontés les plus énergiques ne parviennent ■pas toujours à comprimer.

Mais saint Augustin et saint Louis étaient-ils compétents en la matière ?...

Le tenancier de beuglant est généralement un ancien marchand de vins (1) qui, sur le point de fermer boutique, ne voit d'autre moyen, pour éviter la faillite à laquelle il est acculé, que d'appeler à son secours la prostitution clandestine- Oh ! il a soin de prendre des

(1) Ou bien im ancien... artiste lyrique.

détours ; avec fracas, il fait tambouriner que son cabaret va devenir un « cabaret artistique ». Une lyre en bois doré sur sa porte, quelques planches formant tréteaux, un piano sonore, souvent, même, un billard, suffisent à transformer le cabaret d'hier en un caféconcert soi-disant moderne.

Si le tenancier n'a point de concurrent, il est assuré de faire fortune ; dans le cas contraire, lorsque la ville possède déjà un ou deux établissements en pleine prospérité, le nouveau tenancier n’a quand même pas grande inquiétude à avoir, car tout dépendra des sujets que lui enverront les agences Du Mec. Pour ouvrir un tel concert, point n'est besoin d'autorisation spéciale ; il suffit d'informer le commissaire de police, à seule fin d'obtenir, pour les soirées, l'agent de service de rigueur.

Le tenancier n'est souvent que le gérant d'un riche brasseur ou d'un riche distillateur. Rappelons-nous que dans le Nord un de ces brasseurs est propriétaire, à lui seul, de plus de trente beuglants montés uniquement dans le but d'écouler sa bière. Il n'est malheureusement pas le seul,,.

Il est aisé, après cette constatation, de s'expliquer la raison pour laquelle le projet de loi de MM. Waddington, Bérenger, etc..., sur la limitation des débits d’alcools et de ligueurs alcooliques (loi dans laquelle le dernier article traite de la suppression des beuglants), rencontre tant d'ennemis au Sénat et ailleurs, Pourtant, il me semble que l'on fait fausse route. Pour un ou deux beuglants qui prospèrent en moyenne dans chaque ville, on peut compter deux ou trois cents marchands de vins indépendants, que l'on contenterait facilement en empêchant la concurrence déloyale des beuglants. Le syndicat des marchands de vins — auquel, je l'espère, n'adhèrent point les tenanciers — se devrait d’agiter cette question.

TENANCIERS I>E i< BBUGLAN1S »

Lorsque, dans une grande ville, le futur tenancier dispose de capitaux importants, il ne lésine pas pour monter convenablement son établissement* I! fera construire une scène avec décors presque somptueux ; des loges — grillées ou avec rideaux, naturellement — entoureront une salle de spectacle meublée de larges fauteuils spacieux et confortables. Toutefois, chanteuses et public, pourront encore communiquer, soit par quelques gradins reliant la scène à la salle, soitpar les coulisses. Ce confort, qui permettrait de croire que la chanteuse est libre (comme si F oiseau était libre, parce que la cage est plus grande et mieux dorée !...), a malheureusement son envers. Derrière les coulisses, est aménagé un salon réservé, dit : Salon des habitué», dans lequel se retrouvent les « viveurs chic » de Fendroit ; là, entre quelques coupes de champagne, on peut, sur des canapés ad hoc , prendre certains acomptes,,, A ce salon, un restaurant est attenant ; c’est dans cette salle que les chanteuses voient leurs amis d'occasion ; fatiguées ou non, elles sont tenues d’y rester jusqu’à trois, quatre et même cinq heures du matin, attendant le client qui les invitera à souper* Ayant faim ou non, elles ne doivent jamais refuser !

Chaque infraction au règlement intérieur », c’està-dire toute révolte de la pudeur, toute prétention à se refuser à ce honteux commerce, amène (sous d’autres prétextes) une résiliation presque immédiate*

— Que voulez-vous ? me disait un tenancier, je n’oblige pas mes chanteuses à faire la quête i ni à poser, ni à faire le salon, ni à consommer , ni à souper, ni même à être gentilles avec nos habitués... Seulement je me réserve le droit de les résilier, si elles ne font point marcher mes affaires.

la traite i>es chanteuses

Quelle écoeurante hypocrisie î

Inutile d ajouter que les noms de ces mijaurées sont signales aux agents lyriques de Paris et de la province, et transmis à tous leurs intéressants confrères Les malheureuses chanteuses sont alors classées comme mauvaises pensionnaires, et, pour peu qu’elles aient encore que que dignité elles ne trouveront plus à trav ai lier n u lle part.

Il est arrive une fois (oh ! rien qu’une fois !.. } qu’un tenancier, outré lui-même de ce qui se passait dans sa

matin 11 h<!UreS du soir et cin< ï heures du

matin, essaya d apporter un peu de modération dans

Hc^rr 5 U C ? Cit0yenS - Q^lques jeunes gens

riches de la ville, furieux d'une pareille outrecuidance, entreprirent a leur tour de ruiner ce... oommereant a qui prenait l’envie d’avoir des remords tardifs Ils parvinrent a réunir quelques centaines de mille francs et, en face de la maison du pudibond tenancier firent construire un immense établissement de débauché*., qui existe encore, et fait florès Ceci se passait vers 1898, dans une ville conquise jadis paies Romains et nommée plus tard, en l’honneur de Jules César : Julia Bœterra... Cherchez.

Ainsi que l’agent lyrique, le tenancier prend souvent la plume. Ne l'en blâmons pas, puisque cela

nous permet de le combattre avec les armes qu’il nous fournit.

On est suffisamment édifié après avoir lu des bribes de correspondances comme celles-ci.

, A B -:> P ar c «niple, ville de l’Ouest, célèbre par

a • de SeS cavallers > on est très explicite ; M™ 8 T... écrit : ’

TENANCIERS DE « BEUGLANTS

Avez-vous en ce moment une petite femme gentille, débutante si possible ; M me G.*, plaît assez, car eîïe a de jolies toilettes ; elle fait bien son affaire, mais je crois que ta jeunesse plaît mieux... Et puis, elle est un peu sérieuse pour la clientèle d’ici qui n'aime que les minois montmartrois* Le talent à S... n’est pas de rigueur...

CÆierehez-moi donc de gentilles filles.

De la même ville, où décidément les concerts à quêtes, à femmes, sont une nécessité, et pullulent, un autre directeur écrit :

M 31e D... est très gentille et a une vois fort agréable, mais malheureusement ce u’esf pas l'opulence, et par conséquent pas de toilettes . Je ne demande pas mieux que vous m’en trouviez deux autres, mais tâchez qu’elles soient plus chic ; il faut fa femme élégante à S...

Et dans une autre lettre :

Fourriez-vous me trouver deux ou trois petites artistes, gentilles, car ee sont des femmes qu’il fauta S,., avec un peu plus de toilettes (que celles précédemment envoyées)*

Dans une autre lettre encore :

Je ne veux pas du tout de Blanche D.,* gui est trop vieille. Quant à Jeanne Ch... je ne la connais pas ; si elle est jeune et gentille, envoyez-la de suite*

C’est bien entendu que ce soit une jolie fille ou ne m’envoyez personne ; car vous savez que je suis difficile, et ne veux que des femmes gentilles*

Du talent, du répertoire, il n’est pas question ; la clientèle des concerts de S,.. n’a cure d’entendre des artistes, et ne demande aux tenanciers des beuglants que de lui fournir de la femme.

Reconnaissons qu’ils la servent à souhait, sous l’œil

vigilant de l'autorité qui connaît la situation et la tolère.

Pour ne pas quitter la contrée, ou, décidément, les goûts du public ne sont pas très relevés, je cite, en passant, les courts extraits des trois lettres suivantes qui, je le crois, achèveront de documenter mes lecteurs, et par lesquels je terminerai mon rapide exposé sur la question, ne voulant pas arriver à de fastidieuses redites.

De P,,*, ville du Centre, le sieur E, B..., directeur de concert-beuglant et agent lyrique, écrit :

Ainsi que je vous le dis sur ma lettre du.., il nous faut pour la contrée de jeunes et jolies femmes ayant un petit répertoire et beaucoup de chic*

De L..., ville du Centre également, un directeur éphémère écrit, toujours sans songer au talent :

Il me faut, et je vous le répète, des jeunes et jolies filles y pas besoin qu’elles soient comme M me B*., qui est une belle mais grosse fille ; une femme mince est toujours mieux, car elle est plus élégante.

Enfin d'À.,., ville de l'Ouest, dont les opinions religieuses et profondément cléricales semblent faire croire à une inébranlable austérité des moeurs de ses habitants, un administrateur de concert écrit :

M 11 * C. Gr*.* est une véritable artiste, mais elle a le grand défaut de ne pas être une vadrouilleuse. .. H

Après cela î 1 !

Ecoutez H* Monganet, ancien secrétaire général du syndicat de l’Union des Artistes Lyriques, artiste lui-même :

TENANCIEBS DE « BEUGLANTS » 83

« Après cela, la malheureuse, désignée par l'agence parisienne, boucle ses malles, saute dans le train et arrive dans le beuglant où l’attend la clientèle avide de nouveaux visages*

« C'est un café, un simple café avec rangées de tables, canapés en velours rouge ou en cuir marron, souillés par l'usage. 11 est neuf heures quand arrive la débutante* Tout ce que la ville compte de gens qui s'embêtent, de Jouvenceaux en quête d’aventures et de sous-offs en vadrouille, est là, tumultueusement assis devant des piles de bocks.

« Au fond de la salle un tréteau dans le gaz qui flambe et un piano. Sur le tréteau, six ou sept femmes décolletées jusqu’au nombril, sont assises et attendent sous le lustre qui torréfie leur poudre de riz. Au piano, un pauvre diable tape dur et prélude à la chansonnette de l’une de ces dames, qui sc lève enfin et dégoise sa petite affaire* Le public n'y prête qu'une attention médiocre ; mais le tableau change quand la chanteuse a fini.

« Au lieu de se rasseoir, elle descend par un escabeau qui sépare le tréteau du public et elle passe, une sébile à la main, comme une mendiante à travers les tables ou pérore tout ce monde. Ce sont ses petits profits, dont, en bien des cas, elle doit verser une partie au patron de la boîte* Ce digne homme a compté, — et il ne s'est pas trompé — sur l’éveil des sens qui doit se produire chez les consommateurs au passage de la chanteuse, décolletée, parfumée, aguichante*

« Si elle est d'humeur maussade, c'est-à-dire si elle est entrée îà pour gagner sa vie en chantant des chansonnettes, — un métier qu'elle a appris sur quelque scène moins misérable — si elle ne se laisse pas toucher tout ce qu'elle a de nu par les buveurs, sa récolte est maigre ; on lui donne à regret deux sous ;

c'est une poseuse, il n'en faut plus ; elle reçoit rapidement son compte,

« Si c'est au contraire une « traînée », qui est entrée au café-concert pour y opérer plus chaudement que sur le trottoir, alors grand succès ; chute de pièces blanches dans la sébile. La chanteuse ( ! 3) a des oeillades habiles pour les sous-offs, des frôlements de poitrine significatifs pour les petits jeunes gens ; bref, elle encaisse et elle prépare avec huit ou dix tournées de ce genre, la petite fête Anale, de la soirée, c'est-à-dire le fameux souper que ses amis et les amis de ses camarades prenne 1 tous les soirs, scion la règle, dans l'établissement.

u Dans certains établissements, indépendamment de la quête, on place des billets de tombola (ou l’on vend des fleurs ou des cartes postales). Ce sont les dames elles-mêmes qui, d'abord, les offrent en passant de table en table, en attendant la vente des" billets à la criée ; — des billets de couleurs spéciales sont réservés aux dames de la troupe ; —- pour faire monter le prix de ces tickets, il arrive souvent que le patron montre derrière le billet... la clef de la chambre de F une des vendeuses.

« À ït.., 3 il y a quelques années, un sieur M,,. eut l'idée de mettre en loterie une jeune débutante de dix-sept ans, qu'un correspondant venait de lui adresser très recommandée. Il trouva très drôle de faire distribuer les billets par la jeune fille elle-même, à travers la ^alîe de spectacle, sans lui dite, naturellement, qu'elle était le lot à gagner.

« Vers deux heures du matin, quelle ne fut pas sa surprise d'être réveillée par un vieil Anglais, ne parlant pas un mot de français, qui avait pénétré dans sa chambre et prétendait user de ses droits de gagnant de la loterie en partageant le lit de l'artiste.

« Il avait pris à lui seul quatre-vingt francs de biL

TENANCIERS DE BEUGLANTS » Sô

lets et avait gagné ce que les féodaux et les calotins appelaient le « droit de jambage « Dans la nuit, la gamine, affolée, fut prise d’une frayeur bien compréhensible, elle se défendit, mais fut vaincue par la force. »

Ces faits ne se passent pas au pôle Kord ; mais en France, dans une grande ville !

Savez-vous quelle est la peine que les tribunaux anglais auraient appliquée à un pareil attentat?

Au moins vingt-cinq ans de hard labour ,

En France, sous la III e République, on ne fit rien On pourrait arguer que la police n’était pas au courant.»»

Quelle blague! Lisez ce qui suit :

Rouen, 8 septembre 1904,

Fn fait très curieux et qui mérite d’être signalé vient de se produire dans notre ville : un chapitre d’un roman d’Abel Hermant a été entièrement « vécu » dans un de nos cafés-concerts» Les auteurs naturellement ne voulaient pas en faire oeuvre de publicité, bien, au contraire. C’est dame police qui a dû les dé rouvrir.

Dans un livre intitulé le Cavalier Misêrey, Abel lierniant décrit un beuglant de Rouen même et y relate la mise en loterie, après chaque concert, des chanteuses de l’éta blisseiuent.

C'est ce fait qui s est reproduit exactement.

Dans le café-concert en question, il y a ime troupe composée de plusieurs chanteuses. A la fin de chaque soirée, « le personnel artistique » organisait une loterie. Les lots consistaient en apparence en objets sans valeur : en réalité, ces lots étaient les chanteuses elles-mêmes.

On vous murmurait à l'oreille * « Chacun des gagnants est en droit de réclamer pour une nuit îa compagnie d’une de ces demoiselles, » -— et les clients alléchés achetaient des billets, — Plus un en achète* plus on a la chance de

gagner! Bt cela faisait aussi la richesse du « personnel artistique », Tout était donc pour le mieux,

La loterie se faisait le plus « honnêtement » du monde. On ne trichait jamais. On ne Taurait pas pu d'ailleurs, — car la loterie avait lieu sous l’œil sévère de quelques a contrôleurs »,

Mais M + Blanc, commissaire de police, fut averti par certains rapports. 11 se rendit malicieusement à ce caféconcert au moment même où il était procédé à T attribution des ci lots »,

M. Blanc et ses agents firent te main-basse » sur ces a lots » qui se mirent aussitôt à pousser de hauts cris, et sur les contrôleurs qui se drapaient majestueusement dans Leur dignité. Quant aux gagnants, dame police estimaqu’ils étaient assez punis en voyant leurs « lots » leur filer sous Je nez, — qui s’allongea de dépit.

Ce récit, malgré la répugnance des faits, est malheureusement au-dessous de la vérité, car ces « loteries » n’enrichissent nullement le « personnel artistique », ainsi qu’on serait tenté de le croire, mais bien les tenanciers d f établissement s qui se livrent à ces pratiques ignobles à leur seul profit*

Ces deux derniers tenanciers devaient être poursuivis pour :

1° Organisation de loterie ;

2° Vagabond âge spécial ;

3° Excitation à la débauche...

N’est-ce pas?...

Eh bien ! Ton ne fit encore rien!,,.

Cet usage des tombolas avec lots a en nature » ne constitue pas un fait nouveau à Factif de ces tenanciers spéciaux ; c’est un moyen employé par eux depuis plus de vingt ans dans certaines villes, et que rappelait un autre secrétaire général du syndicat de 1 Un ion des artistes lyriques, M. Favart, à M. Nozière (alias Weil et,., Guy Launay) lequel suppliait le syndicat de ne point faire supprimer les concerts à

TENANCIERS DE « UEUGLANTS » 87

quêtes... « afin que les commis-voyageurs, les militaires, les négociants de la ville et les fonctionnaires (!?) ne soient pas privés d’une occasion de se distraire aux heures de loisir, dans nos mornes souspréfectures »,

A Monsieur Nozière } rédacteur au Temps.

Au nom de tous mes camarades syndiqués, merci pour vos félicitations. Monsieur, et laisse z-moi vous apprendre que notre organisation toute démocratique ma pas de président, mais simplement un secrétaire chargé d’exécuter les décisions prises par le conseil syndical. Les honneurs parmi nous sont éphémères et ne durent, comme ie& roses, que l'espace d’un matin, de dix heures à midi, pas plus, et c T est par ordre alphabétique que nous devenons présidents pour une séance seulement.

Les détails honorifiques nous feraient perdre du temps alors que nous voulons travailler utilement et arriver à une action salutaire, ainsi que vous le dites si justement dans votre ironique et fort spirituel « Billet du matin » qui nia produit l'effet d’un décor habilement brossé, très amusant de détails, mais qui, comme tous les décors, a son envers, généralement peu gai !

Nous les connaissons bien les commis-voyageurs, dont vous nous exposez l’état d’âme lors de leur séjour en des villes tristes. Combien d’entre eux, nous ayant remarqués dans les concerts cc à quêtes », se sont entremis auprès de directions plus importantes, afin de nous éviter pareil genre de travail, et cela à l’inverse de nos placeurs, sans prélever la moindre rétribution sur notre salaire!

Il existe d’ailleurs entre les voyageurs de commerce et nous la fraternité de l’exil commun, et ce sont eux, en effet, qui nous font un peu oublier les pénibles inconvénients de ce métier d’artistes « mendiants ». Nous avons parmi eux de bons camarades, d’excellents amis même, et ils ne no tus considèrent pas do la même façon qne la clientèle que vous énumérez dans votre article.

Le soldat, îe sous-officier et l’officier, par exemple,

IA TRAITE UES CHANTEUSES

quoique arrivant dans lesdits concerts à des heures différentes, ne viennent là que sons l’influence d'un sentiment dans lequel la hiérarchie n’a rien à faire* Ils viennent von les chanteuses sans s’occuper de leur répertoire et si 1 interprète du genre patriotique n’était pas* comme vous !o dites, « largement décolletée », ce n’est certes pas vers elle qu’irait le moindre de leurs suffrages*

Les « négociants de la ville » ne s’aventurent pas dans ces lieux dits « de plaisir » où leur présence serait immédiatement signalée à leur détriment par des concurrents ou des voisins jaloux* Ils ne s’y risquent que lorsque l'établissement comporte mie issue dérobée et des loges aux rideaux toujours fermés, derrière lesquels ils peuvent so dissimuler à l’aise et « lier conversation » avec les chan¬

teuses,

Les fonctionnaires y fréquentent, c’est vrai, et c’est ce qui peut arriver de plus regrettable* Car du moment qu ils sont clients de l'établissement, il s’ensuit pour le tenancier toutes sortes de tolérances : autorisations diverses, jeux, etc. On conserve à Mossieu le fonctionnaire sa chanteuse préférée, mais on la résilie bien vite au mépris do tous les règlements dès qu’il manifeste la moindre lassitude à son égard!

Oui, monsieur Nozière, nous voulons « enlever aux habitués de ces estaminets l’honnête distraction » qui consiste à se livrer sur les chanteuses qui viennent « recueillir leur offrande* » à des attouchements qu’il n’est pas besoin d être pudique pour les réprouver, à les accompagner d’obscénités et de grossièretés qu’on n’oserait même pas employer en mauvais lieu* Nous voulons arriver, avec l’aide des pouvoirs publies, a la suppression des quêtes que nous considérons comme avilissantes, à la suppression des tombolas composées de lots imaginaires ou peu coûteux dont le principal est souvent la clef de la chambre de la, chanteuse que le directeur joint au billet de tombola qu’il lui attribue, afin d’en faire monter l’enchère.**

Joli métier, n’est-ce pas, monsieur Nombre, que celui oit les hommes sont, pour le moins, taxés de proxénétisme et les femmes-artistes considérées comme si leur engagement était conclu, non sur papier libre, mais sur carte spéciale ,

TENANCIERS DE « BEUGLANTS » 89

N’est-ce pas plutôt de tous ces malheureux qu'il faut avoir pitié, monsieur Nomère?

Cela était — on Fa écrit — d’une amusante ironie* M. Weil, qui est israélite, écrirait-il encore ironiquement un article analogue, si les persécutions contre les juifs venaient à renaître, et si — puisque la maison,,. ouverte lui paraît si utile — Von choisissait pour les beuglants de nos mornes sou s-préfectures , à la place des malheureuses pour lesquelles nous luttons, des produits Israélites du sexe féminin J

Si encore, les appointements promis — mais pas toujours payés — pouvaient compenser les servitudes exigées ï !

A S. , les artistes touchent deux francs d’appointements fixes, en plus de leurs quêtes ; mais au bout de quinze jours, sous un prétexte quelconque, ces appointements fixes sont supprimés, ce qui a lieu, du reste, tous les jours de théâtre, où Fou chante quand même, mais à rail, et devant des salles vides. Pour comble de bonheur, la direction retient trente centimes par jour à chaque artiste, pour entretien et éclairage des loges !

À D.,., dans le Nord, on donne un franc cinquante de fixe par jour ; si Fartiste est assez « jeune pour la maison », on va jusqu’à deux francs*

A on donne trente francs de fixe par mois,

sans pourboires sur les consommations que Fartiste fait prendre par les clients ou quinze francs avec pourboires sur lesdites consommations.

À Ch..., on donne un franc par jour, et Fartiste doit se conformer aux reglements faits ou à faire .

A D..., dans l’Est, on donne un franc cinquante.

À L. .., dans FEst également, on ne donne pas d’appointements fixes, mais dix centimes par consommations absorbées par les clients de ces dames.

À B.,., dans le Centre, on donne un franc de fixe, mais la pension est obligatoire dans la maison, à des heures fixes, au prix de quatre-vingt-dix francs par mois.

A IL.., dans le Word, quarante francs par mois; pension obligatoire à quatre-vingt-dix francs.

Je pourrais poursuivre longtemps encore cette fastidieuse énumération. Les appointements varient de un franc à deux francs par jour, y compris la nourriture et le logement. Et... il s’agit de maisons sérieuses/

En d autres endroits, les directeurs ne donnent que le logement, 1a, nourriture et les quêtes ; ailleurs enfin (et de telles maisons sont nombreuses, dans l'Est surtout), non seulement ori ne rétribue pas les artistes, mais on ne leur paie même pas leur misérable chambre ; seulement, on les oblige à prendre pension dans la maison, au prix de quatre-vingt-dix francs par mois.

Le modèle du genre est encore à ma connaissance le Bijou-Concert de Y... où Fon paie la forte somme de cent cinquante francs par mois, plus les quêtes ; mais où on oblige les artistes à prendre pension dans la maison moyennant cent vingt francs par mois plus la consommation obligatoire pendant la répétition quotidienne

Les tenanciers de beuglants sont, on vient de le voir, fort difficiles dans le recrutement de leur personnel et font impitoyablement jeter à la rue celles de leurs nouvelles recrues qu’ils ne croient pas susceptibles de faire leurs affaires, c'est-à-dire d'aguicher

TENANCIERS DK Z BEUGLANTS * 91

suffisamment la clientèle et de pousser aux soupers fins et aux consommations.

Les clients sérieux des beuglants à quêtes ne consentent pas facilement à faire de grands sacrifices pour goûter de l'intimité des femmes par trop faciles, les patrons recherchent des artistes très jeunes, ayant, avec les apparences de la sagesse, encore un peu de pudeur, mais pas farouches, s'habillant bien, et surtout entièrement libres et voyageant seules ! Condition sine qua non!

Ainsi à B..., le sieur C.,* engage une jeune fille de quatorze ans, H Uû N.*. C’était pour lui une aubaine inespérée. Mais voilà que, le jour indiqué, le tenancier voit arriver sa pensionnaire flanquée d’une vieille dame.

— Quelle est cette femme qui est avec vous?

— C’est ma mère, monsieur.

— Mais je vous ai engagée sans votre mère. Du moment que vous n’ête s pas seule, je ne veux pas vous garder !

Et l'honnête homme mit rapidement les deux femmes à la porte. C'était à deux heures du matin ; les voyageuses arrivaient pour coucher dans rétablissement, selon les conditions du contrat.

Au concert L,,., boîte infecte de la belle ville de M., M rie R.., arrive avec sa mère, munie d’un enga¬

gement fourni par une agence de Paris. Elles se présentent au concert ; le tenancier les fait conduire dans la chambre qui leur est réservée et qu elles doivent payer Æ avance ... puis, quelques jour plus tard, voyant que la maman ne se décide pas à laisser sa fille seule, il leur fait intimer l’ordre de quitter la ville, sans quoi, elles seront mises en carte!

A T..., une jeune et jolie fille est résiliée du jour an lendemain, et punie d’une très forte amende pour ne pas avoir prévenu la direction qu’elle était en-

cemte ; on la jette à la rue, en retenant, comme prix de ses amendes, jusqu'à ses derniers bijoux!

Ailleurs on renvoie brusquement les femmes parce quelles n’ont pas de costumes assez frais, — elles gagnent vingt sous par jour... — parce qu’elles ne sont pas belles filles ; parce qu’elles ne consomment pas et ne iont pas consommer assez; parce qu’elles ne plaisent pas à la clientèle qui demande., et n’obtient rien I

Aussi — écrit encore H. Monganet — pour les pauvres heres qui, trompées par les agences ou poussées par le besoin, viennent s’égarer en ces bouges infects, que de désillusions, que de déboires !

hiles- pensaient arriver dans un concert, propre et par avance, elles escomptaient le produit 'de quêtes fructueuses; et elles tombent dans un lupanar au * imheu de filles publiques, venant, sur le tremplin chercher une couverture à leur prostitution.

Si elles veulent vivre, il leur faut étouffer leurs sanglots, oublier leur honte, et céder aux exigences du patron, aux fantaisies des sous-offs et des policiers... Et, les voilà, pour l’avenir, livrées à la surveillance de la police, de cette police immonde, qui loin de les interdire, protège les bouges « quêtes de province, en étendant sur eux sa tolérance palet- «elle... mais non désintéressée.

Une objection a été faite, même par des conseillers municipaux amis, et contre laquelle les artistes protestent de toutes leurs forces : c’est celle qui consiste a déclarer que la plupart des femmes soi-disant artistes qui sont engagées dans ces soi-disant cafés chantants « savent bien où elles vont » ! !

C’est absolument faux ! Sans affirmer que la classe des femmes artistes ne comprend que des « remparts de vertu », des « sainte Catherine » ou des « Jeanne

TENANCIERS DE K BEUGLANTS

d’Ârc », le fait est évident qu'il s’y rencontre en très grand nombre de braves et honnêtes filles, des mères de famille estimables et que la plupart ne tombent dans la débauche que parce qu’elles y sont forcées par la misère à la suite d J engagements trompeurs et des agissements louches des placeurs et des tenanciers de beuglants ,

De même que c'est avec des civils que Fou fait des militaires, c’est avec des honnêtes femmes que les tenanciers de beuglants font des catins.

Lettre d’une mère de famille, adressée à plusieurs sénateurs :

Messieurs les Sénateurs,

C'est une pauvre artiste qui vous écrit pour vous supplier de faire tous vos efforts pour épurer notre triste métier.

Vous me répondrez peut-être, Messieurs, qu’on n T a qu’à se retirer d’une carrière qui vous expose souvent à un milieu abject. Hélas! oui, sans doute... mais c’est si pénible, sans métier, de gagner sa vie, et surtout c’est si difficile d’aider à son ménage avec les petits travaux de femme, que Ton est heureuse de se servir de la voix dont ou se sait douée, ce qui est plus lucratif. Je suis, moi, bien excusable, ayant débuté à 16 ans au viai café-concert, à la suite de revers, et n’ayant pas fait d’autre travail jusqu'à F époque de mon mariage. Mariée, oui, je le suis, et à un honnête homme qui, avisé, m’a récompensée d être restée convenable dans ce métier où on peut l’être comme dans tout autre ; seulement les bébés sont venus et, 1 extrême gêne ayant gagné notre ménage, j’ai repris ce travail, mais alors au concert seulement, pour éviter les frais de garde-robe.

Et c’est avec un désespoir profond que je constate que

des Préfets autorisent les concerts à être librement des mauvaises maisons. Il est impossible qu’on ignore que ces tristes directeurs nous obligent à loger et à manger dans leurs maisons, à accepter aux tables ou dans les salons, les consommations du premier venu. Vous rendez-vous compte, Messieurs, de ce qu’est un concert, quand après la soirée les spectateurs sont à souper dans les chambres des artistes ? Et remarquez que celle qui refuse de se prêter à toutes ces choses ignobles, est renvoyée malgré son talent. Oh ! je vous en prie, Messieurs, tout ce que vous pourrez, faire, fai tes-le \ et les dames à qui cette triste vie peut plaire iront où il le faut j mois les concerts, aJors, obligés de rtfêtre que des concerts, redeviendront une ressource pour les vraies artiste#*

Recevez, etc.

Signé : M mo V...

N’est-ce pas navrant?

Celles qui tombent ne tombent, pour la plupart, que parce qu’elles y sont forcées par la misère, ou à la suite des agissements louches des placeurs... lyriques ( l) et des tenanciers de beuglants. Les véritables artistes cherchent si peu à se prostituer qu’elles se préviennent les unes les autres.

Donnons la lettre qui suit — toujours dans son style et dans son orthographe :

Chère amie,

Buis navrée, mais les patrons d’ici sont des cochons (sic)* Bi vous n'avez pas reçu rengagement avant de partir, no venez pas ; la raison est qu’il sait que vous êtes artiste, et.,, pas plus (vous me comprenez?) et comme chez lui des artistes, il s’en fout ! ! ! donc j’ai cru comprendre qu’il ne voulait pas donner suite à votre engagement. Donc si vous ne l’avez pas reçu mercredi matin ne venez pas, à moins que vous ne vous présentiez aux Folies — mais

TENANCIERS DE « BEUGLANTS

rétablissement est toquard — enfin! je vous averti ( sic J voyez ce que vous devez faire*

Signé ; I***

Et elles sont des milliers en France qui cherchent à éviter le lasso du tenancier indélicat ou de ragent... lyrique*** des milliers, vous entendez?

Si* encore, les malheureuses — les fausses artistes — se prostituaient librement, et à leur profit, peutêtre, sous certaines réserves de surveillance à établir au point de vue sanitaire, pourrait-on invoquer le principe de la liberté pour leur laisser exercer leur triste métier*

Il était intéressant de connaître le cœur du tenancier, ce cœur, gui, pour une fois, sommeille dans un cochon.

À la vue d’un arreté — qu'un maire s'empressa du reste de ne point prendre, — il s'écria :

— Si j’exerçais encore, avec ces règlements-là, je mettrais la clef sous la porte. Je sais, heureusement, que dans tout ça, il y a plus d'épouvantail que d’autre chose. Me voyez-vous ne pouvant pas faire consommer un artiste chez moi, me voyez-vous obligé de me réduire au produit de mon concert, qui n'est que T amorce pour faire venir le monde ? Il me coûte par lui-même ; s'il ne me rapporte pa* d'autre part, où sera mon bénéfice ? Que certains, qui abusent de la situation, soient surveillés, je ne demande pas mieux, mais il faut que tout le monde vive, à commencer par les artistes, qui ne seront peut-être pas ravis qu’on leur ferme des memons, où ils trouvent leur compte. Et croyez que 3a plupart du temps, celles qui y viennent savent très bien ce qu elles vont chercher***

Voyons les réponses des artistes : j ? ai répondu au dernier argument.

Réponses b'artistes (i).

Cher camarade,

J© ne sais si les abus que je vais vous soumettre sur l'Eldorado de V..*, maison T,,,, vous ont déjà été signalées ; je crois de mon devoir, ci au nom do deux autres camarades syndiquées : M me I#.„ et Y... de B,,., de le faire, à seule fin que vous y mettiez ordre lo plus tôt possible, et qu’une fois de plus nous poissons faire valoir nos droits.

Voici ;

1° À partir de 8 heures du soir, les portes sont fermées jusqu’au lendemain matin ;

2° Si besoin est de sortir après minuit, obligées d’aller trouver le patron qui se permet de vous demander à quelle heure on rentrera, refusant catégoriquement un passepartout pour rentrer ;

3° Par contre, un© porte de communication existe entre les chambres et la salle de concert, et reste ouverte après minuit ; messieurs les consommateurs peuvent à leur aise monter taper aux portes des artistes. Tout ça dans 1© but de faire souper l’artiste dans rétablissement.

Enfin, pour résumer ce triste état de choses, il est permis au client d’insulter P artiste sans que celui-ci ait le droit de lui répondre. Hier, un camarade nommé d’À,,,, qui dans quelques jours fera partie du syndicat, a été traité

(1) Style et orthographe toujours respectés.

TENANCIERS DE ft BEUGLANTS »

en pleine salle de : m... par un consommat eur ; comme il m levait pour répondre, îa Direction lui a intimé Tordre de se tenir, sous peine d'être renvoyé immédiatement « préférant garder un client comme Monsieur, qu'un artiste qui ne m'est rien îi (paroles textuelles)*

J'espère, cher camarade, que vous voudrez bien faire votre possible pour remédier à tout ceci ; je suis prête à déposer où vous voudrez, ceci, dans P intérêt de mes camarades et du* mien. Dans l'attente..,, etc,

Signé : M. de P..., Lé.., Y„. de; B...

Je suis étonné qu’aucune artiste n'ait trouvé le moyen de dénoncer les tenanciers de P.„ qui sont infects*

Voici comment les choses se passent dans cette maison* Je vous cite mon fait qui est celui de toutes mes camarades* Engagée de Paris ci par recommandations » j’ai reçu un télégramme de cette direction, cela sert d'engagement, pour P arrivée ils ont toujours un prétexte pour ne pas envoyer cette feuille que je vous soumet et dont vous remarquerez certains passages, au bout de quatre jours on vous fait signer l’engagement, qui naturellement» vous étonne attendu qu’aucune agence n’ayant eu de rapport avec moi, je me vois obligé de payer les mêmes frais. Or comme 1 on est installée et que certaines dépenses nous empêche de tout plaquer là, on se résigne après reflet tion a faire 15 jours et on signe, tous les soirs le concert finit à 11 heures au plus tard et comme on est forcée d attendre minuit» cm soupe en compagnie de gens tellement dégoûtants que les maisons spéciales ne voulaient pas les recevoir, et c’est le concert qui prend ces recrues qui vous disent des grossièretés et des insolences, qu'un soir j ai voulu aller an commissaire, mais au dire du directeur nous n’aurions pas raison car ce sont des personnages contre qui nous ne pouvons rien, d’ailleurs le Directeur

prend sa part de reflextions et on ne se gêne pas de l'appeler (dos-vert) et de lui demander s’il va pouvoir se retirer sous peu avec ce qu'il a volé aux artistes.** et bien d’autres quolibets.

Un loge dans 1 établissement et tout sert de prétexte pour nous estamper ainsi on ne peut pas sortir sans la permission de M me B..., il faut payer très cher pour se faire faire une commission de 0 fr. 15* Les water-closet no sont pas connus dans la maison et j’ai vu des choses qu’il ne m’est pas permis de décrire qui se sont passés journellement : Enfin au bout de quinze jours je passe à la caisse et je touche quoi Fil! Vingt francs 50 c. frais de logement à part, je n'avais fait aucunes dépenses au concert, je veux donc réclamer à la direction qui se met à crier et à me dire qu’il y avait eu un souper non payé, et lorsque j’étais souffrante (je toussais) on m’a monté dans ma chambre 4 bols de tisane (à 0 fr. 10) que l’on m estimait 1 fr. 50 chaque, vous pensez si je suis restée étonnée, à côté de n y il y avait une Espagnole qui -touchait 9 francs e’etai: pis M! et cependant, nous refusions très souvent de souper (surtout à nos frais) on préférait poser et attendre minuit* Donc je me suis fâchée et les ai menacés mais ces gens là ont un toupet et ne doute de rien ; ils en figent même leurs clients. Il y a des bruits abominables qui courent sur eux dans toute la ville et le monde est surpris de voir que personne n'a osé ou plutôt n'a cherché à voir ce qu'était ce soi disant concert. Je m étais toujours promis d'aller h Paris vous conter cela quoique ce directeur s'en moque. Sa femme dit assez <f . W’üs peuvent fermer à présent, Us sont suffisamment riches et ils se fichent du reste »,

L’idéal du tenancier de maison... ouverte (beuglant) cherche à se rapprocher le plus possible de l'idéal... (î) du tenancier de maison dose. Seulement ce dernier a, au moins, intérêt à nourrir son bétail humain afin de le tenir... bieto en chair.

TENANCIERS DE « BEUGLANTS

Saint-Sébastien, 30 octobre 1905.

Cher camaradej

Je crois de mon devoir de porter à votre connaissance la manière dont les artistes sont traites dans lo café-concert existant à Saint-Sébastien et connu sous le nom de « Théâtre C... ». Et j’ai recours aux moyens puissants dont vous disposez pour que d’autres évitent ce dont nous avons souffert mes camarades et moi qui achève aujourd hui cette période pénible. Obligées de rester par leur contrat toutes les nuits après le concert dans Us salle de 1 eu annexée à l’établissement et ou l’objet véritable est dattirer Us pontes autour du tapis vert, les artistes sont en outre indignement exploitées et traitées dune manière inacceptable. On leur fait payer à des prix exagérés la pension et surtout le logement que leur fournit la direction du Concert, ün les traite en outre plutôt comme des animaux ou des pensionnaires de maisons closes que comme des femmes et des artistes. Elles n'ont pas la liberté de sortir et de rentrer chez elles à l’heure qu’il leur pkiit ni lo soir la permission de souper ou consommer en dehors du café attaché à l’établissement. Les prix de ce restaurant sont d ailleurs très majorés non seulement pour le client mais encoro pour les artistes. Ajoutez à cela la maniéré insolente et brutale dont les artistes sont menées par le personnel de la maison et contre laquelle noua avons aucun recours étant à l’étranger et vous comprendrez comment presque toutes les artistes qui sont tombées dans cet etablissement attendent avec impatience l’achèvement de leur contrat. Il est donc bon qu’avant de quitter France les artistes qui voudraient venir à Saint-Sébasticu dans ce concert qui' est pourtant une maison Erançame sachent ce qui les attends. Elles pourront ainsi au cas ou cela ne les effraierait pas se préparer d’avance- a

la lutte qu’elles auront à soutenir. J’espère que ma lettre pourra contribuer dans quelque mesure à ce qu’elles soient moins exploitées par la direction que ne l’ont été jusqu’à présent les autres artistes. En vous remerciant d’avance, je vous prie d’agréer etc,, etc.

Signé : L* R*

Bordeaux, 23 septembre 1905.

Monsieur le Secrétaire.

Il y a quelques jours de cela, Monsieur, vous aves reçu plusieurs plaintes d’un concert d’À... ou la nourriture est infecte, le menu se composant de soupe non cuite qu’un chien n’en voudrait pas et boulettes de boeuf bouilli cuit du samedi et donner le mercredi suivait moisi naturellement, réflexions des artistes, réponse du directeur ; celui qui n’est pas content n’a qu’à passer à la caisse, avec cela Monsieur on nous compte 3 francs d’assurance l’artiste faute de place s’habille chez elle. Je ne vois pas la raison de payer l’assurance et ces quêtes Monsieur quand donc seront-elles abolies. Voilà la première des choses dont le syndicat devrait s’occuper.

Signé : M™ A, d’H...

L 7 assuranoe?.<, Que va faire, mon Dieu! l’assurance en cette galère? Que ne fait-on aussi acquitter ans artistes l’impôt sur les portes et fenêtres, ou celui sur les ordures ménagères?...

E.., Brasserie Viennoise.

Bouge infect pour lequel îa municipalité a tous les égards... car le concert n’existe que de nom, et la pria-

TENANCIERS DE tf BEUGLANTS »

ci pale recette s© fait dans la nuit, Les artistes sont absolument considérées comme des femmes de maisons close ; mêmes conditions* La tenancière est toujours ivre et se livre dans la ville à mille excentricités ignobles dans les établissements publics où elle va racoler les clients —• maigre les plaintes nombreuses portées contre cette matrone* elle s© vante qu'on ne l'atteindra jamais ; et de fait, depuis fouit ans que son trafic existe, M. S.** maire d'E.** et un certain conseiller général la couvrent de leur haute protection* L'ex-prefet n'a rien pu lui-même, ne voulant pas se mettre à dos ces messieurs*

L*.*, avril 1905,

Je viens vous adresser une plainte au sujet du concert R.„, de L... Ce directeur se donne ïe droit d'être insolent, de nous tenir sous un joug très dur* malgré notre travail consciencieux,

C est ainsi qu il y a quelques jours il faisait manger deux camarades à part, prétextant qlie c’étaient deux brebis galeuses*.* elles avaient refus© un souper!

Hier, une autre ayant aussi refusé un souper, il s'est acharné après elle et comme elle arrivait 1/4 d'heure en retard pour déjeuner, il a refusé do lui donner à manger, la traitant insolemment. Comme elle le priait de se taire, il l'a résiliée.

Il a affiché dans la loge un règlement, non visé dît commissaire UE police, ou je relève ce qui suit *.

Art, VL — Les artistes ne devront fréquenter aucun des établissements similaires sous peine do résiliation immédiate.

Sur 1 engagement, il ne mentionne pas qu'il y a répétition de 4 h. à 5 h. 1,2 tons les jours pour forcer l'artiste à prendre ou à accepter l'apéritif ; il ne stipule pas non plus que, le soir, c'est le souper... l'article VI est créé pour

cela...

A V..., un petit Avis est collé sur les murs de chaque chambre. Le voici :

Septembre 1905.

... An « Pompéien », cent sous par jour, mais jamais payés. Il y a dans la maison cinq ou six directeurs, Tun caissier, l’aptre gérant, l'autre je ne sais plus quoi, et lorsqu ? il s'agit de réclamer quelque chose on vous envoie de Fun à F autre comme une balle, et pas moyen de tirer un sou !... ïja caisse, d’ailleurs, est toujours vide. Je dois ajouter, avec un peu de tristesse découragée, que tous ces di recteurs sont des artistes qui, aux abois, cherchent à gagner leur vie sans rien faire, au détriment de leurs camarades.

YIII

Avril 1906.

... Ici, à Ch..., chez M. B..., on ne loge pas ; mais la pension est obligatoire, et quelle nourriture!... c'est d'une saleté révoltante, les verres ne sont jamais lavés. Il ne connaît qu une chose ; la force brutale. Quand une petite femme ne lui rapporte pas, il cogne ! Il a fendu la ligure

TEXANCIERS l>E <r BEUGLANTS d

à une malheureuse que îa peur a empêchée de se plaindre. Et quand une artiste ne veut pas chanter le soir, il faut qu'elle paie une bouteille de champagne de 10 francs!!!

Pour le 1 er avril, la patronne voulait que deux de ses chanteuses lui paient un corsage de soie brochée ! ! Comme ces pauvres filles ne pouvaient pas faire cette dépense, on leur a fait des misères et elles ont dû s’en aller. Enfin ils ont essayé d’entôler un jeune homme d'une des ineii- * vu res familles d'ici. Il a été averti à temps.

N..., 27 mai 1906.

... Je tiens a vous informer d'un petit fait qui vient d'avoir lieu dans un établissement de N... : le Casino de l'O... Ce casino a ouvert le 19 mai, il y a huit jours ; j’étais engagé pour exercer mon talent de jongleur comique pendant sept jours ; et do plus, ma femme était engagée pour quatorze jours comme chanteuse mandoliniste sous le pseudonyme de Lucette de M»„

Donc, hier, ayant terminé mes sept jours, je passai à la caisse, et je reçus mon argent. Le Directeur avait fait courir le bruit qu’il ne me paierait que cinq jours, de même qu'aux autres artistes, car j'avais oublié de vous dire que nous travaillons dans un jardin d'été, et lorsqu'il pleut il est impossible de jouer. C’est ce qui arriva le lundi et le mercredi, et voilà la raison invoquée par le directeur pour ne donner que cinq jours d'appointements. V oyant que nous n’étions pas du tout disposés à accepter ses nouvelle® conditions il s© ravisa, et le 26 mai nous touchions notre argent»

Mais voici où je voulais en venir :

Samedi matin est arrivé dans la ville un régiment d T artilleurs ; les officiers, prenant te concert (et ils avaient raison..» hélas!...) pour un gros numéro, sont entrés dans l établissement et, le spectacle fini, ont invité trois femmes artistes à souper en cabinets particuliers; parmi ces trois invitées, se trouvait ma femme» Comme de juste elfe refusa,

disaKt qu’elle avait été engagée non comme soupeuse mais comme artiste et que, du reste, elle était mariée...

Le patron alors qui, à quelques pas de là, entendit la réponse, se retourna furieux et s’écria : C'est épatant, ces petites femmes-là !... Elles peuvent bien, accepter à souper ... cela ne les engage à rien! Elles donnent comme cweuxe qu'elles sont mariées , mais dans le fond , elles sont plus p... que les autres!

Et, par le second Régisseur, il a été dit à nia fenu .e que, puisqu’elle n’avait pas soupe, il lui serait retenu sur sa paye, les deux jours où il — (et non oïle) — avait plu I I

Signé : O*..,

Jo ng l eur comiqu e ,

... M“° 0,„ a travaillé dernièrement pendant un mois dans le café-concert tenu par M, J..., à R.„, aux conditions de 200 francs par mois et quêtes, 100 francs de pension et 50 francs de chambre. Cette dame, libre, a fait une moyenne de 15 à 20 francs par jour dans la maison (poire elle était!) et à son départ elle redevait 18 francs au patron. Le fils Edouard J,., est allé luimême à la gare à l’heure du train pour faire saisir ses malles.

À C..,, le Casino, assez bien comme établissement, est tenu par M, P,.., très connu et de très mauvaise réputation. II a toujours une troupe de vingt femmes, et il cherche les femmes avant de chercher les artistes ; il paye, il no paye pas, il vous déchire votre engagement à Toccasion, il vous oblige à souper tous les soirs, il vous attrape avec ruse pour vous imposer des amendes. Bref, le portrait du véritable directeur de maison.., fPLki loin.)

Hans tous ces établissements, où Von coudoie des femmes

TENANCIERS DE « BEUGLANTS

qui vous font honte, on est malheureux, on se croirait dans une maison fermée, Ijo patron favorise les médisances en m mêlant aux bavardages et en se payant telle ou telle artiste qui en profite ensuite pour mettre le désordre dans la maison.

A N*.,, le café de la G.,, est tellement infect que je n’en parle pas. Au café de la B*.., on travaille énormément quant à la vente des consommations, mais on ne fait rien comme concert* La salle de concert est comble tous les soirs, maïs les spectateurs sont tous des souteneurs qui attendent leurs femmes en train d© faire le raccroc en ville.

Les artistes y sont très malheureuses ■ on leur joue toutes sortes de tours lorsqu*elles ne sont pas assez fortes pour tout prévoir. Quelques-unes ont ainsi été surprises dans des disputes, on leur a volé leur argent et on les a frappées. Les mêmes types font toujours les mêmes coups, mais comme, dans la maison on tient au client, on ne prévient pas les nouvelles arrivées. Au contraire, on rit d© leurs déconvenues* Les quêtes, inutile de le dire, sont tout à fait milles.

Les patrons, très occupés à leur café, ont confié la direction et le pouvoir absolu à un régisseur, M* G***, ancien artiste lui-même.

On vous engage à 100 francs par mois, libre de vous nourrir et loger ou bon vous semble. Vous arrivez, et on vous dit tranquillement que tout le monde ne fait que quinze jours ; si vous voulez faire davantage, on vous gardera sans vous payer. Vous ne pouvez donc compter que sur 50 francs sur lesquels il faut payer 10 francs d honoraires à M. C,**, le régisseur, et votre voyage.,.

Mes vieux copains,

Excusez-moi si je ne vous ai pas écrit plus tôt ; mais je sms forcé de regarder à trois sous b,, c’est bien malheu-

LA TRAITE DLS CHANTEUSES

reux, maïs on ne fait lien ici. Quand j'ai payé ma chambre, Il fr. 25 (/ci, la lettre continue au crayon,) Ü ne me resta plus rien sur mes quêtes,,. Avec eu une mauvaise nourriture et une vache de patron...

Voyez s’il est vacheL.. il vient de me prendre l’encrier en disant qu on avait toute la journée pour écrire. Douze chansons par soirée pour faire 2 francs ou 1 fr. 50. Je viens d’écrire à D... pour un engagement. Tâchez de lui envoyer une carte pour me recommander.,, vous me rendrez service.

Bien le bonjour aux camarades de ma part, et reeommandez-leur cette maison... seulement qu’ils passent à cote. Voyez ! on se plaignait à Beauvais, et c’est pourtant le paradas auprès d’ici, où l’on ne peut même pas prendre l’apéritif 1„.

St-M...

Nous vous prions de mettre en garde par la voie de votre journal, les artistes qui signeraient un engagement avec FAlcazar du M.,,, direction A. Le C...

(.o directeur exige que les femmes soupert après le concert. Malheur à qui irait prendre une consommation ailleurs que dans sa peu recommandable maison. L’artiste, de par ce fait, voit sa pension, qui est obligatoire, strictement restreinte, et les paroles les plus malsonnantes résonnent à ses oreilles : Veau! Etoile de canapé! Croûte! etc,,. De plus, afin de pouvoir mettre l’artiste à l’amende, le patron fait afficher au tableau de service :

M üe X... ne chantera pas ce soir.

L’amende, alors, équivaut au prix de la journée,,.

Un arrêté, depuis, a été pris au Mans, et M, le commissaire de police, homme humain et courtois, le fait respecter*

TENANCIERS DE « BEUGLANTS

Janvier 1906.

J'ai reçu un engagement où il était stipulé que les artistes restaient jusqu'à 2 heures du matin, et que les appointements étaient de 5 francs par jour et nourriture. Le lendemain de mes débuts, le directeur nie dit qu'il faut rester jusqu'à 6 heures du matim, et que les appointements ne sont que de 4 francs! N'ayant, pas accepté ces nouvelles conditions, on m’a priée de partir,

Août 1905.

Voici les noms des établissements de N.*. : 1° VE-,, (direction L...) ; 2* Casino des F.„ (direction P..,) ; 8° Concert du M... (direction veuve G.,,).

Ce dernier est le plu® hideux — sans toutefois enlever l'ignominie inhérente aux deux premiers.

Je ne parlerai ici que de FE.„, qui est paraît-il le plus propre. L’exposé de ce qui s’y passe vous donnera à réfléchir sur les autres. Le® dames et la plupart des homme® sont engagés par lettre ; la direction no signe de contrat qu’aux artistes sortant de l’ordinaire, se réservant par là le droit de le® résilier à sa guise à la moindre incartade au réglement despotique. Conditions : pension et quêtes, sans voyage. Chambre obligatoire dans la maison, et quelle® chambres î ! pour tous meuble® un lit, deux chaises, une armoire quelquefois. D@ minces cloisons séparent ces chambre® ; on entend tout ce qui se passe chez le voisin ou la voisine ; minimum de pension t 40 francs. Si, à l’arrivée, la chambre ne plaît pa®, résiliation immédiate. Tous les jours, répétitions de 4 à 0 heures. Si quelqu'un manque, amende très élevée (comme du reste à chaque infraction). Il n’y a jamais, dan® la salle, que les amis de ces dames, et on ne répète jamais ;

le but de ces répétitions est donc de faire dépenser les artistes. Elles doivent prendre l’apéritif et le café tous les jours, sous peine d'être mal vues. Elles sont forcées de rester après minuit, pour souper, naturellement ; une damo qui reste 2 ou 3 jours sans souper, est résiliée. Aucune artiste, bien entendu, no doit mettre les pieds dans un autre étabîissemontj sous peine de résiliation immédiate.

1/ « AVIS » ci-contre a été arraché tel quel dans un concert de C,.., grande ville du Midi. Il prouve sura^ bondamment jusqu’à quel point le tenancier entend pousser la tyrannie envers ses pensionnaires. On peut constater qu’en engageant les chanteuses on attend autre chose que l'exploitation de leur talent artis- I tique.

Obligation de danser en costume de scène ou en e ira- î vesti » avec les « vieux beaux » ou les « jeunes vieux » J de province...

Du dernier excitant !...

La Corse est un pays charmant Qui vous plairait assurément .

comme on le chante — ou à peu près, — dans le Voyage en Chine,

La patrie de Napoléon I* r , au sol montagneux, rocailleux et aride, est habitée par des gens qui, en général, ne se recommandent ni par leur courtoisie ni par la douceur de leurs moeurs. La bête qui, au dire du sage, sommeille au cœur de tout homme, semble etre chez eux, au lieu et place du cochon adapté et craintif, le sauvage sanglier.

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