‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 32 sur 71 · VL.., 30 mai · texte numérisé non relu

VL.., 30 mai

... J’ai lu ] a lettre ouverte à M. Clemenceau avec un vit interet et une grande satisfaction, car j’espère et comme tous tes vraies artistes honnêtes nous espérons que nous allons enfin pouvoir être débarrassées de la pro-

LA TRAITE 1>ES CHANTEUSES

miscuïté honteuse à laquelle nous sommes condamnées depuis de trop nombreuses années, ainsi que des spéculations éhontées et scandaleuses des tenanciers de**, concerts malpropres* Parmi les trente-trois concerts propres qui existent en France, il serait fâcheux de placer le « Petit Casino » de Y... Cet établissement, qui cependant s*intitule « Concert de Famille a, est un vulgaire beuglant exploitant la « traite des chanteuses » au détriment des bonnes et vraies artistes qui par hasard y viennent échouer*

Voilà en quelques mots le système employé dans cette maison. ;

Les artistes femmes, seules, y sont logées, obligatoirement, de manière à ce qu’en sortant des salons particuliers où se font les soupers plus ou moins intimes, Faccès des chambres soit plus facile à ces messieurs les clients*., plus ou moins sérieux.

Les hommes ou les couples sérieux ont également le logement obligatoire, maïs pas dans la maison, et ils sont contraints de se contenter des taudis qu’on leur impose en ville.

Un salon servant de foyer d’artiste est attenant à la salle du concert, et les personnes, — officiers entre autres

— qui viennent, non pour le concert mais pour tout autre chose, y sont admises et entretiennent avec ces dames des conversations plus ou moins convenables — plutôt moins!*..

— do sorte que les artistes honnêtes ou mariées ne savent où se fourrer pour ne pas voir et entendre des choses dégoûtantes*..

J’espère bien que, si M* Clemenceau décrète F abolissement de toutes ces monstruosités, les établissements de Y... n’en seront pas exempts...

Siÿné ; Bmlnel,

Les établissements de Y... pas plus que les autres.*, seulement quand M. Clemenceau décréter a-tÜ \

POÜiÆS ACX ŒUFS D*OK

Saumur, 24 mai 1906.

... Dana certains concerts, faute de porte, on en arrive à imposer aux artistes, pour arriver à leurs loges, rentrée et la sortie par la salle même de spectacle, au lieu de faire ménager sur les bas-côtés ou derrière la scène une porte donnant accès sur les loges... {ou cases malpropres, incommodes, malodorantes ou froides, dénommées telles). Les artistes dames sont ainsi, par suite de cotte incurie (probablement voulue) en butte aux murmures approbatifs, vagues sollicitations, sous-entendus blessants, et même propositions plus ou moins déguisées, de trop peu respectueux godelureaux s’imaginant qu’en toute artiste il y a lieu de voir une personne disposée fatalement a passer ou à subir les caprices de repus peu scrupuleux, ou destinée à servir de jonet aux lubricités de goinfres en mal d’aventures et d'heureuses digestions,

Signé :

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