‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 34 sur 71 · K$ POULES AUX ŒUFS DUR · texte numérisé non relu

K$ POULES AUX ŒUFS DUR

2 heu res, les quêtes, et de défendre de consommer avec les clients. Vous voyez, cher camarade, que nous voulons que le métier soit mieux respecté qu’il est, espérons que vous réussirez.

Signé : Louisette d’Q.„

On voit par ces trois lettres comme par les précédentes que le travail de nuit y est aussi fort honoré que,., gratuit.

Et que dites-vous de ces musiciens qui transforment leur archet en râteau de croupier, passé minuit? Ainsi le traditionnel : « Attention, messieurs, » du chef d'orcfiestrc devient le fatidique Faites vos jeux. Mais avec quelle voix prophétique le croupier musicien doit il lancer son :

— Messieurs, rien ne va plus !...

Non, non, rien ne va plus, n J est-ce pas, pauvre petite Mercedes, vous qui m'écriviez cette lettre lamentable en avril dernier?

Rouen, 13 avril 1906.

Monsieur,

Je veux, moi aussi, vous adresser une petite « lettre rase n comme vous dites, pour vous remercier de prendre en mains la défense des petites chanteuses. Je croyais, moi aussi, en choisissant ce métier, pouvoir vivre honnêtement de mes engagements. Je m'aperçus vite que cela n'était pas possible. Mais, héla»î,.. tombée si bas, maintenant, comment en sortir P*. P Si je voulais exercer un métier honorable, on ne voudrait pas de moi si j’avouais que j’ai été chanteuse de café-concert ! J'ai vu dans certaines villes de l’Est, des choses écœurantes : à Verdun, a S&mt-Mïhiel, un marchandage éhonté entre patrons et

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clients. J’ai vu une de mes camarades débutant dans un établissement où on devait se loger, trouver un homme couché dans sa chambre après la représentation et le patron obliger la chanteuse à subir cet hôte! Voilà, monsieur, des choses qu’il faut écrire...

Persévéré js j monsieur, les véritables petites chanteuses, celles que l’on oblige à se prostituer boivent vos articles...

Signé ; Mercedes.

Non, bien ; bien ne va plus 1

GHAf’ITlilC VII

Les cités décadentes et leurs fonctionnaires

Une noce forcée et forcenée. — La province est amorale. —* Mineures en carte j taxes sur les maisons eïoses ; les impôts secrets, — Commissaires de police ; ce sont les ennemis dos chanteuses, — Quelques petits revenus.,, inavoués, — Aventure de M lle S.., — Procureur de la République fin de siècle. — Café-concert et... lupanar. — La mise en carte forcée, — Les arrêtés ne sont pas respectés, — Mœurs provinciales. *— Artistes mis a l’inâex. — Le jeu, autre moyen d*exploitation.

Dans le même temps que je menais ma campagne contre la traite des chanteuses, je trouvai un matin, dans mon courrier, une lettre m'avisant qu'à H.,., préfecture du centre, il se passait quelquefois d'étranges choses.

*•* Maintenant — m'écrivait mon correspondant, — voici rapportée fidèlement la scène scandaleuse dont sept personnes ont été témoins jeudi dernier, 10 écoulé (1). Il n'y a, dans c© qui suit, aucun parti-pris politique, La commission de recensement des votes s'était réunie dans la journée à la préfecture ; le travail terminé, ces messieurs étaient allés dîner copieusement, et, vers

{ï) 10 mai.

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