A TU VITE I>Ë$ Cll\NTlïUStiS
Il heures du soir, arrivèrent au Casino du D,„ eu faisant un bruit infernal. Etaient présents, en tête, le secrétaire partKuber du préfet, M. B..., un conseiller de préfecture un chef de division, un conseiller général maire d’un canl ton, e t, quelques amis. Le champagne commença à cou- 1er a flots, et minuit arriva. Le concert étant terminé quelques artistes (P) restèrent avec ces messieurs dans la salle a manger, pour souper ; mais deux jeunes et véritable*! petites artistes qui ne cherchaient pas de « m j. elles a (sic) et qui désiraient se reposer au plus tôt, s’écliuseri' 11 . et vinrent dans la salle de concert pour attendre 1 heure du Repart : minuit et demie, lorsqu’au bout d’un quart d heure le secrétaire particulier et le chef de divi-
T L™ ?T er marié et f ^illc) vinrent les
chercher, et les emmenèrent de force en les tirant par les bra^ et oela sous l'œil de la directrice qui ne disait rien si elle non pensait pas moins. I/une des deux petites
rav^Tdi instants^aupa-
i avant, des grossierete-s dont olle avait été l’objet '
On soupa de ne, et, bon gré mal gré, on se rendit vers
cban^t 1 1 T**’ dans *““>* CLOSE Où l’on
chanta et dansa jusqu’à 4 heures ; puis chacun s’en fut... etc... aVeZ b “°*“ de renseignements, écrive^moi,
Je pris de suite le train pour M... afin de faire personnellement, une enquête. ’ P
I^îs faite étaient vrais!.., (i).
Je n’aurais certes pas hésité à faire gros bruit auo»r d. „ .caudal. .1, 1„ vi » gt ohantou,., q “l
'™™ t m " ch " <•* affaires de, de,,* boui-boui.
(I) Sur les instances du préfet le maire M sj après ce scandale un arrêté • défense dl U. ' * p . m
ASSSïï
LES CITÉS UÉCADENTES
M (((J je ne m'étais point trouvé dans l'obligation iFen classer loyalement dix-huit parmi celles dont la place était tout indiquée dans la maison close où, par un... raffinement un peu trop... républicain, MM. les fonctionnaires avaient enti aîné de force les deux seules artistes lyriques honnêtes de la contrée peut-être.
Je vis néanmoins le préfet, homme d'une courtoisie parfaite, qui me promit de laver la tête à ses fonctionnaires. Or, au cours de notre conversation, il laissa tomber quelques phrases que je livre avec d'autant plus de plaisir qu'elles jettent une vraie lumière sur les mœurs de province :
— Mon Dieu, monsieur, me dit-il en souriant, vous aurez fort à faire si vous tentez de moraliser la province.
— Et pourquoi?... fis-je, quelque peu interloqué.
— Parce que la province n’est pas immorale comme vous le pouvez croire, vous autres Parisiens ; la province est... amorale, si j’ose m'exprimer ainsi, c'està-dire qu’elle n’a aucune notion de ce que peut être la moralité ou l'immoralité. Elle se contente de blâmer ceux ou celles qui font parler d'eux. Ainsi il n’est point rare d’entendre des dames de notre ville, dont la conduite maritale n'est pas exempte de reproches, s'indigner hautement, avec leurs maris — coureurs de guilledou — contre la malheureuse, par exemple, qui aura eu la maladresse de ee laisser prendre en flagrant délit d'adultère. Nos provinciaux sont des Pharisiens de premier ordre, et la fa nie n* existe à leurs yeux que lorsqu'elle a provoqué un scandale , en de venu nt pu bitque t
M. le préfet de M... parlait d'or.
La province, en effet, est amorale .
M, Henri Tu rot nous en avait déjà fourni la preuve en nous apprenant que, dans 337 communes sur 400,